Billets « actuels », à durée prolongée. Il s’agit d’un carnet où je note, au fur et à mesure de mes diverses cogitations, une réflexion, une idée, une hypothèse, une proposition ou autre pensée, dont la validité dépasse la date d’édition. Lorsqu’une réaction, sous forme de collaboration, est souhaitée, je le mentionne ; p. ex. pour un suivi d’observations (voir aussi la rubrique « Nature »). Et je réponds toujours aux courriels (Cliquez ici pour m’envoyer un courriel).
Sujets abordés, surtout : nature, environnement, sciences, santé publique, philosophie, peinture.
| Edition | Echéance | Note |
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| 11 juillet 2026 | - | Vague de chaleur et sécheresse – les arbres réagissentUne vague de chaleur, la troisième en deux mois, associée à une sévère sécheresse sévit dans notre région, comme ailleurs en Suisse et partiellement en Europe. Depuis une quinzaine de jours, dans des parcelles de forêt le jaunissement des arbres est déjà entamé (voir l’observation du 30 juin). Mais presque plus étonnant, des arbres se délestent de feuilles encore vertes ; il pleut des feuilles en forêt… A certains endroits, par exemple entre le Colliard et Vadry, le sol forestier est couvert de feuilles vertes (photo 1, observation du 6 juillet). Spectacle hallucinant. Un mécanisme de protection pour limiter l’évaporation. Effet peut-être immédiat, mais, à contrario, l’arbre, ne récupérant pas les constituants de la chlorophylle, selon le processus automnal habituel, sera affaibli dans sa croissance. J’ai aussi vu des branches d’un certain gabarit cassées en forêt (photo 2)), certainement par le même phénomène corollaire de sécheresse. Donc méfiance sous les arbres, même par temps calme… En ville de Bâle, qui compte 28'000 arbres, le service compétent a récemment placardé et largement diffusé une mise en garde concernant le passage sous les arbres à propos de la chute possible de branches : Basler Stadtgärtnerei warnt vor Aufenthalt unter Bäumen - Wegen der anhaltenden Hitze und Trockenheit rät die Stadtgärtnerei Basel-Stadt in Parks und auf Spielplätzen zur Vorsicht. Äste können abbrechen. Mais le service bâlois est aussi très actif en mettant toutes ses forces pour arroser inlassablement durant cette période les périmètres des arbres. Je n’ai pas encore vu pareille opération à Delémont… |
| 25 mars 2026 | - | Mille sorties documentées depuis décembre 2005...L’excursion nocturne du 24 mars 2026 constituait la millième pour laquelle je relatais des observations sur mon site internet. Celui-ci a été ouvert à l’été 2025. Marius Froidevaux est l’ingénieur informaticien qui l’a conçu. Et surtout, il a réussi à récupérer les observations que j’enregistrais sur un autre site. Mes vifs remerciements à lui et mes compliments pour ses compétences. A partir du 22 décembre 2005, ce sont ainsi mille sorties dont les observations sont consultables dans la rubrique… « Observations ». Donc en moyenne, une par semaine durant vingt ans. Cette rubrique est aussi un recueil sur la nature jurassienne, en particulier de la région de Delémont, élargie… En grande majorité, mes explorations sont exclusivement pédestres. Exceptionnellement une approche à vélo ou autre moyen de transport. L’utilisation de raquettes à neige se fait rare. Pour les sites souvent parcourus, l’excursion n° 999 du 23 mars 2026, et la millième sont illustratives, fortuitement, à plus d’un titre. Le site du Colliard et des abords de la « Grande Roche », d’une part, couvre le terrain que j’ai le plus parcouru durant ma jeunesse ; c’est là que j’ai fait mes gammes de « sciences naturelles ». Le secteur de la Haute Borne, avec ses multiples accès, d’autre part, est le massif que j’ai le plus sillonné ces deux dernières décennies. Mais sans exclusivité… Par ailleurs, cette « millième », de nuit, révèle ma propension pour les déambulations nocturnes. La nature gagne en mystère. Depuis toujours, je note mes observations dans un petit carnet. Un autre carnet, de croquis, m’accompagne aussi immanquablement (photo). Ce sont les « références » de mes « comptes rendus » de nature ; les traces brutes, in situ, l‘équivalent de « journaux de laboratoire ». Inaliénable. Partant de ces relevés de terrain, la rédaction sélective pour les « Observations » du site internet intervient ultérieurement |
| 20 octobre 2025 | - | A l’automne, les hirondelles risquent d’être piégées au nord des AlpesCette année, du 21 au 22 septembre et les jours suivants, il a abondamment neigé dans les Alpes et Préalpes, au-dessus d’environ 1'500 mètres d’altitude. En plaine et dans le Jura, c’était la pluie et le froid. Cet épisode hivernal précoce m’a rappelé celui de 1974. Mais après une semaine, l’événement prématuré de cette année 2025 était terminé, et l’été indien prenait le relais. Alors qu’en 1974, la neige, la pluie et le froid avaient persisté de fin septembre à mi-octobre. La migration des oiseaux insectivores avait été brutalement paralysée. Surtout les hirondelles, de fenêtre et de cheminée, étaient bloquées au nord des Alpes avec un grand taux de mortalité, dû à l’absence d’insectes en raison du froid. Certaines hirondelles, surtout de fenêtre, se réfugiaient dans les nids de fermes. Une grande action de sauvetage avait été organisée à travers tout le pays par la Station ornithologique suisse, de Sempach. Il faut s’imaginer une telle opération avant l’internet… Le comité de la SEPOD d’alors avait également pris part à cette action. Nous avons récemment fouillé dans nos souvenirs de « jeunes ornithologues » avec Salvatore. Durant plusieurs soirs, nous sommes allés de ferme en ferme pour capturer les hirondelles blotties sous les avant-toits, les transférer dans de petits sacs en toile, puis dans des cartons. Après une tournée, rendez-vous à la gare de Delémont, avant 22h, où avec un employé CFF désigné, nous rassemblions toutes ces hirondelles dans un grand carton. Celui-ci était acheminé le soir même, avec le dernier train en direction de l’aéroport de Zurich. Et Swissair prenait en charge les colis ainsi acheminés de toute la Suisse dans des vols à destination du sud des Alpes. Environ un demi-million d’hirondelles ont regagné ainsi la région méditerranéenne. Une action de sauvetage d’une quinzaine de jours, avec une mobilisation populaire sans précédent. Mais a posteriori, le succès n’a pas été à la mesure de l’engagement des ornithologues. Le taux de mortalité durant le voyage aérien était élevé. Mais après deux, trois années, la population d’hirondelles était rétablie. Photographies d'hirondelle de fenêtre de Salvatore Scarnera |
| 14 mai 2025 | - | Ornithologue itinérant pour observation à domicile, excursion stationnaire et « speed dating ornitho »Je cherche toujours de nouvelles formules et des thèmes originaux pour intéresser les gens à la nature et pour partager des moments d’observation. Début mai, j’ai innové avec une nouvelle proposition pour découvrir l'avifaune de proximité, en me mettant à disposition de personnes, comme "ornithologue itinérant", pour les assister chez elles dans l'observation des oiseaux de leur jardin ou de leur entourage. Un complément et un soutien alternatif à l'action "Oiseaux de vos jardins" : l’ornithologie à domicile, comme il existe les soins à domicile… Une sorte d’« excursion stationnaire ». Des personnes intéressées m’ont contacté après avoir vu ma proposition à l'Agenda de mon site internet (voir 7 et 9 mai 2025). Opération pleinement réussie. Le temps d'observation ne dépasse pas une heure. Elle peut aussi prendre la forme de "Café ornitho" ou d'"Apéro ornitho". J'ai aussi expérimenté une formule condensée d'environ vingt minutes, que j'ai intitulée "Speed dating ornithologique". C’est une adaptation des « points d’écoute », méthode que j’applique régulièrement lors de recensement de l’avifaune, mais limitée généralement à cinq minutes. En synthèse, à chaque fois l’observation d’une vingtaine d’espèces, en maximum une heure, en ville de Delémont ; c'est assez remarquable pour de petits espaces urbains. L’étonnement et le bonheur des personnes impliquées font plaisir à voir. Je reste à disposition comme « ornithologue ambulant » (contact : peter.anker@bluewin.ch).
Et toujours d’autres excursions originales disponibles:: Nature en ville (déjà innové dès 2000), Ornithologie urbaine, Voir le réchauffement climatique dans la nature, Chimie des plantes - ethnobotanique et médecine (innové dès 1995), Parfums, couleurs et vitamines dans la nature, Couleur et migration, Symétries dans la nature, Les oiseaux et leurs milieux, A la découverte des cinq espèces d'oiseaux les plus abondantes sur la planète, Intelligence artificielle et ornithologie de terrain, … Bien sûr, les classiques demeurent ; oiseaux, plantes, paysage, environnement, ciel, chimie,… et l’approche globale de la nature. Me contacter en cas d'intérêt. |
| 15 avril 2025 | - | La liberté académique gravement menacée - et donc l'avenir de la rechercheDes informations de presse, dont le New York Times et la NZZ de ce jour, annoncent que de grandes universités américaines, notamment Harvard, Princeton et Berkeley, sont soumises à d’énormes pressions financières pour se plier aux exigences présidentielles. Celles-ci concernent les règles de sélection des étudiants et professeurs, la détermination des matières d’enseignement et le choix des domaines et des pratiques de recherche. Vous imaginez l’avenir de la biodiversité, de l’épidémiologie, du climat… Il s’agit ni plus ni moins de la mise sous tutelle des institutions universitaires. Restriction de la liberté académique et perte d’autonomie en matière de recherche. Et donc l’intrusion de l’idéologie politique dans l’édifice scientifique. Cela rappelle méchamment « l’affaire Lyssenko », dans les années 1920 de l’URSS d’alors, `du nom du biologiste-agronome qui avait « mis au point » une technique pour « décupler la production alimentaire » et ainsi sauver le peuple de la famine. Une foutaise ! Mais qui correspondait à l’idéologie du dictateur Staline. Résultat : la famine du siècle. Cent ans plus tard, le gouvernement américain reprend la même dyslogique. Il oublie les fondamentaux du fonctionnement de l’édifice scientifique. Il serait bien inspiré de suivre quelques cours d’histoire et de philosophie des sciences pour apprendre que la recherche ne suit pas de parcours linéaire. Il y a plein d’aléas, de surprises, de virages, de révisions et autres contre-pieds pour obtenir des résultats utilisables. Et encore… La clé de voûte de l’édifice scientifique passe par la liberté académique. La recherche ne s’enferme pas dans un agenda ou une idéologie politique. Voir ci-dessous mon billet du 1.11.2024, sur Paul Feyerabend.
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| 1er novembre 2024 | - | Paul Feyerabend aurait 100 ansDécédé en 1994, le philosophe Paul Feyerabend aurait eu cent ans cette année (voir l’illustration). Un nouveau livre m’y fait penser. C’était, avec Karl Popper et Thomas Kuhn, l’un des trois grands philosophes des sciences du 20ème siècle, le plus original de tous, l’Enfant terrible du « clan » de cette discipline (dénommé aussi ainsi, en français, par ses pairs anglophones et germanophones…). Et à tout égard, anarchiste des sciences. Incontournable lorsqu’on s’intéresse au fonctionnement et à l’histoire de l’édifice scientifique. Loin de toute polarisation de la pensée, un fervent pratiquent de l'autonomie et de l'indépendance intellectuelles. Mais pourquoi cette mention ici ? C’est que j’ai eu la chance de le côtoyer et de bien le connaître. Durant onze années, de 1980 à 1990, j’ai suivi un cursus de philosophie des sciences auprès de Paul Feyerabend, à l’ETH, à Zurich ; cours, séminaires, cycles de conférences, discussions. Cela a considérablement éclairé ma vision et ma compréhension des sciences, aussi applicable à d’autres disciplines. Son concept libéral, du point de vue philosophique, ou plutôt libertaire et anarchiste de l’édifice scientifique, avec son principe mythique de « anything goes » (approximativement : « tout est possible »), a profondément ouvert mon approche de la recherche et des méthodes « scientifiques ». Cela m’a aidé dans le développement de stratégies de recherche et de projets, quel que soit le domaine. Il faut sans cesse explorer de nouvelles voies et ouvrir le champ et les pistes d’interprétation.… Un état d’esprit qui continue d’orienter mes réflexions et démarches. Même après son décès, son regard et ses propositions continuent d’alimenter la philosophie des sciences. Et, selon certains critiques, « encore et toujours, ça reste dangereux de lire Feyerabend ». Je recommande néanmoins vivement la lecture de son ouvrage fondamental : « Contre la méthode - Esquisse d’une théorie anarchiste de la connaissance ». Bonne lecture ; je reste à disposition pour des explications et commentaires… Illustration : dans un de ses livres, « Erkenntnis für freie Menschen»», Feyerabend remplace la biographie habituelle de l’auteur, comprenant la date de naissance, par son thème astral. Humour et dérision, ou critique de la raison pure… |