C’est la rubrique « has been ».
Gamin, bien avant que les sciences et la nature me captivent, j’étais passionné de sport. Les voitures étant rares à cette heureuse époque, les jeux de ballon occupaient la chaussé et faisait notre bonheur. J’y était, sans céder ma place. Mais après le foot sur le bitume, ce fut le tennis sur terre battue ; définitivement. Le court succédait à la rue. Un peu par hasard, car rien au niveau familial m’ouvrait cette voie.
C’est mon prof de gym, au Collège de Delémont, remarquant ma rapidité sur jambe et mon habilité dans les jeux de balle, selon ses dires, qui m’avait suggéré : « tu devrais faire du tennis ». Le 6 mai 1967, je touchais pour la première fois une raquette de tennis. Après quelques leçons gratuites en groupe, et un peu d’assiduité aux entrainements entre copains, le plaisir à ce jeu m’emporta. J’étais mordu… Je devenais un pilier du T-C Delémont.
Très joueur et tacticien sur le court, j’ai gravi tous les échelons des compétitions régionales, gagnant les Championnats jurassiens messieurs en 1975 ; j’avais 20 ans. J’étais capitaine de l’équipe « Delémont-Jura », engagées dans les championnats interclubs. Puis j’ai joué pour une équipe de Bienne. Ne pouvant plus suffisamment m’entrainer en dehors de mes études pour assurer mon classement et pour progresser, j’ai abandonné à ce stade la compétition en simple, avant d’obtenir mon diplôme de chimiste à l’ETHZ. Mon classement était alors B1, l’équivalent R1 actuel.
Appliquant le proverbe anglais, “If you want to master something, teach it” (Si tu veux maîtriser quelque chose, enseigne-le), j’ai acquis toutes les formations pour l’entrainement et l’enseignement du tennis, jusqu’à l’ultime diplôme de « Professeur suisse de tennis », en 1979. Dès le début des années 1980, l’Association suisse des professeurs de tennis (ASPT) m’a enrôlé pour la formation des futurs profs et comme expert aux divers examens de diplôme. Je devenais également membre de la commission technique de l’ASPT. Que du plaisir dans ces fonctions, aussi en côtoyant d’anciens champions et, surtout, en ayant le privilège de travailler avec Jean Brechbühl, la référence unanimement reconnue en matière d’enseignement du tennis. Un pionnier et novateur. Quelques publications sont issues de notre indéfectible collaboration, durant plus de trente années.
Le tennis aura été pour moi une école de vie. Une formule triviale, mais j’assume cette banalité par rapport à mon vécu.