Compétition
Identification  

Un condensé…

L’esprit de compétition s’est rapidement développé en moi, au fur et à mesure de mes progressions.

Junior - la formation

En 1968, une année après mes débuts, j’amorçais la compétition pour juniors : Championnat jurassien et Tournoi interne TCD. Et premiers enseignements de la compétition : perdre… Jusqu’en 1973, année de mes 18 ans, j’ai participé à de nombreux tournois de cette catégorie d’âge. Avec les années, je m’approchais de plus en plus souvent des demi-finales et finales. En 1971 et 1973, je remportais le Championnat interne juniors T-C Delémont.

Sélection pour quelques tournois au niveau national et à un camp d’entraînement. Ma dernière compétition « junior » reste mémorable : Championnat de Suisse centrale, à Granges, dernier week-end de septembre 1973, 16 sélectionnés pour la phase finale ; j’y suis. Vendredi soir, je gagne. Samedi matin, quart de finale, que je remporte contre un joueur nettement plus fort que moi, mais en difficulté avec mon service et mon revers. Grande surprise, et qui me met dans l’embarra : l’après-midi, je cours un semi-marathon à Bienne, avec des copains du lycée. Dimanche matin, demi-finale, avec les jambes un peu raides. Ma carrière junior s’arrêtera là… Mais le lendemain, 1er octobre, départ en train pour Zernez, où nous attendent la neige et une semaine de brâmes des cerfs : course de matu dans le Parc national. Mémorable !

Pour pouvoir rivaliser au plus haut niveau face à des joueurs bardés d’entraînements « pro », issus de grands clubs, mes moyens techniques étaient insuffisants. J’étais un autodidacte, sans avoir été façonné par des leçons et des entrainements personnalisés. Mais tactiquement et au niveau de la condition physique, j’étais à la hauteur. Au besoin, je savais faire durer l’échange pour « fatiguer » l’adversaire et le mener à la faute. Mais les meilleurs marquaient le point avant… Cette catégorie de jeu, jusqu’à 18 ans, est très formatrice pour la confrontation à la compétition et aussi pour grandir dans les relations entre rivalités et amitiés, parfois avec des partenaires d’entraînement.


 

Championnat suisse interclub – capitaine et « N° 1 »

Début dans cette compétition de printemps, jouée sur cinq ou six week-ends, en 1969. D’abord dans une équipe inférieure puis, dès 1971, dans la première équipe du TC Delémont. Celle-ci, depuis cette année-là, apparaissait officiellement sous le nom de « Delémont-Jura », car elle devait regrouper les meilleurs joueurs du Jura, de Boncourt à La Neuveville (eh oui, cela a existé au tennis…), pour cette incontournable compétition de printemps. Le but de cette équipe jurassienne étant d’évoluer dans une ligue supérieure. Dès 1974, j’occupais la position de « N°1 ».

Ce regroupement des meilleurs joueurs devenant plus compliqué avec le « vieillissement » de quelques ténors, l’équipe se disloqua après cinq années. J’ai encore maintenu la barre delémontaine durant quelques années. Puis j’ai terminé ma carrière « interclub » à Bienne (1980-81), où mon classement (B1, équivalent actuel R1) intéressait l’ambitieuse équipe (en 1ère ligue, puis ligue nationale C).

Un aspect collatéral, mais non des moindres pour moi : désignation, au printemps 1972, comme capitaine des équipes du TCD et président de la commission technique du club. Une tâche assez lourde pour un jeune étudiant, avec une importante dimension organisationnelle et des aspects autoritaires, qui m’étaient assez étrangers. Mais cette expérience, durant près de dix ans, m’a été bénéfique et très formatrice.


 

Catégorie « Messieurs » - vers le sacre jurassien

Encore durant mon âge « junior », je m’inscrivais à des compétitions en catégorie Messieurs, individuelles et en double ; d’abord pour gagner… en expérience. J’ai plusieurs demi-finales et finales de double à mon actif, avec divers partenaires ; c’est une dimension d’équipe qui me convenait bien, encore maintenant, de manière générale… Mais les matches en simple me permettaient encore mieux de manœuvrer comme je voulais, car ma force était plutôt tactique. J’étais instinctivement stratège. Au niveau de la technique, d’abord lacunaire, mon école était surtout l’observation d’autres joueurs. Puis elle s’est considérablement affermie avec la formation de prof de tennis…

Je passe sur les diverses étapes, globalement en crescendo, de mon cursus en simple, où j’approchais de plus en plus des finales. Pour aboutir au couronnement de ma « carrière » tennistique de compétition : la victoire aux Championnats jurassiens open Messieurs, en 1975. Après un parcours de cinq victoires en semaine et trois durant le dernier week-end, Le Démocrate titrait, le 1er septembre, au lendemain de la finale : « Du bon tennis et de beaux vainqueurs ». Peter Anker remporte « l’épreuve reine des championnats jurassiens ». J’avais 20 ans.

Revue de presse :

                 


 

Durant l’hiver-printemps suivant, alors que j’en étais par ailleurs au troisième semestre de chimie au Poly, j’ai largement réfléchi à la poursuite de ma carrière après ce titre de « Champion jurassien 1975 ». Ma conclusion : pour progresser, cela signifiait, « m’expatrier » s’agissant du tennis et trouver de nouvelles possibilités d’entraînement. Pas envisageable, compte tenu de mes moyens pécuniers et de mes études en cours, exigeantes et passionnantes. Donc point final aux compétitions individuelles, en poursuivant encore durant quelques années en équipe interclub. Rétrospectivement, c’était le bon choix de terminer au « sommet » de ma carrière, même modeste. Cela coïncidait aussi avec la fin de l’histoire des raquettes en bois…


 

J’ai eu la chance d’avoir des parents qui m’ont toujours soutenu, mais sans se passionner pour le tennis. Donc pas de coaching parental durant les compétitions, ni de « bons » conseils avant et après les parties. Sobrement, ils se réjouissaient de mes victoires et compatissaient en cas de défaite. Et donc mes matches ne se poursuivaient pas « à table ». Le tennis, c’était mon affaire, ils avaient du plaisir que j’aie du plaisir.

A ce propos, une vingtaine d’années plus tard, dans le cadre d’un symposium international sur l’enseignement du tennis, en discutant avec un entraineur de l’équipe de France de Coupe Davis (je ne divulguerai pas son nom…), celui-ci affirma : « Il faudrait que tous les champions de tennis soient orphelins ! ». Il faisait allusion à la cour familiale qui gravitait autour des célèbres joueurs tricolores de l’époque… Un entourage « intéressé » et prédateur.