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| Date | Lieu | Observation et photos |
|---|---|---|
| 24 mars 2026 | Delémont - Haute Borne | Millième sortie... Départ au crépuscule pour une excursion nocturne. Les astres sont de la partie : Jupiter et la Lune vers le milieu du ciel, Vénus au couchant. Je prends la direction indiquée par l’étoile du Berger. Lumière faiblissante. Les merles, rougegorges et grives musiciennes sont les derniers chanteurs diurnes. Place aux nocturnes. Par expérience, c’est souvent ainsi en mars-avril, entre la période des amours et l’émancipation des jeunes. Une fenêtre calme dans la nature. Cette nuit en est. Le silence et les absences sont aussi porteurs d’informations. Une observation de « rien », ce n’est pas rien… Magnifique nuit. Plaisir terrestre. Vous venez de lire mon millième billet d’observation, reflet de la millième excursion. En vingt ans, mille narrations de nature jurassienne aux environs de Delémont. Voir aussi un complément sous la rubrique « Actualité ». |
| 23 mars 2026 | Delémont - Colliard - Roc Courroux - Vadry - Pierreberg | Des rougequeues noirs chantent en vieille ville lorsque je la quitte. Arrivé au bord de la Birse, le cincle plongeur est fidèle sur ses postes d’affut. Il a déjà le bec plein. Il manœuvre adroitement, s’éloigne, revient, feinte ; il ne veut pas indiquer l’emplacement de son nid. Mais j’ai des soupçons… En montant dans la forêt, entre tambourinages de pics et couplets de grives draines, un hululement de chouette hulotte ; le soleil l’aura sorti de son sommeil, le temps d’un instant. Sur la crête, passage de milans noirs ; ils regagnent leurs sites de nidification. Plus bas, un bal aérien interspécifique : deux milans royaux, un milan noir, trois buses variables, un épervier. Chant répandu de bruant jaune (photo 1). Premières fleurs de cardamine des prés (phot 2), une parente de la dentaire à sept folioles (photo 3), en pleine floraison dans la forêt de l’endroit. Les buissons blancs sont à l’honneur, même quand on s’appelle épine noire (photo 4)… Le chiffre de la sortie du jour : 999… |
| 22 mars 2026 | Delémont; Grioux - vieille ville | Sortie au bord de la Sorne pour accueillir les migrants, revenant d’Afrique. Je scrute tout ce qui ressemble à un milan ; ce sont tous des royaux. Mais c’est le noir qui m’intéresse… Après deux heures, retour chez moi. Devant la porte d’entrée, je lève machinalement les yeux : un milan noir tournoie au-dessus de la vieille ville (photo de Salvatore S)..Ma première observation de l’année. Après coup, j’en verrai encore deux de ma terrasse. La voie trans-saharienne est ouverte; maintenant au tour des hirondelles... |
| 21 mars 2026 | Delémont - Colliard - Roc Courroux - Vadry - Pierreberg | Quatre harles bièvres survolent la Birse. Un cincle se pose au bord du courant, du matériel dans le bec ; construction du nid ou nourrissage… Dans la forêt, jusque sur la crête, le pouillot véloce est indiscutablement le chanteur le plus présent ; partout, ses notes sautillantes s’entendent. Le rougegorge égrène aussi abondement son chant. Au bord du sentier, quelques branches portent des fleurs, ressemblant à celles du cerisier : un chétif bois de Sainte-Lucie (photo 1). Dans la forêt du versant ensoleillé, la dentaire à sept folioles déploie ses fleurs (photo 2). Alors qu’en bas, dans la frênaie, les fleurs de l’anémone fausse renoncules ont explosées en une semaine (photo 3). Merveilleux sous-bois. Mais l’animation principale se déroule au-dessus des arbres : des passages de petites bandes de passereaux se succèdent. Pas de grands groupes comme à l’automne, mais de petites troupes d’une dizaine d’oiseaux. La migration de printemps est en cours. Pinsons, chardonnerets, bouvreuils, Dans la frênaie, quelques cris indicatifs; au-dessus des arbres, ce qui ressemblesnt à des silhouettes d'hirondelles de cheminée... Arrivée encore timide. |
| 19 mars 2026 | Delémont - Haute Borne | Dans un coin de forêt claire, sommital et ensoleillé, un parfum floral flatte mes narines. J’active le regard pour trouver le diffuseur bien connu : bas dans la broussaille sèche, le bois gentil encore en pleine floraison (photo 1). Quelle fragrance ! En un mois, j’ai ainsi détecté une dizaine d’emplacements, dont plus de la moitié que je ne connaissais pas. A proximité, quelques pulmonaires sombres (photo 2) ; cette année, je rencontre moins souvent sa semblable, la pulmonaire officinale. A côté, grande activité de fourmis ; elles construisent autour d’une souche (photo 3). Marcheur, passe ton chemin... Au-dessus, des bouvreuils font retentir leur chant doux, mélancolique. Ce chant retentit toute l’année dans ce coin de forêt. Alors que du regard je suis à la recherche d’un de ces chanteurs dans de jeunes érables, une grande silhouette de rapace, ailes effilées et queue allongée, passe en vol battu bien plus haut ; un busard, mâle, en migration vers le nord-est. Je n’ai pas eu le temps, ni la visibilité requise, pour déterminer l’espèce. En l’occurrence, pas indispensable. Lumière crépusculaire, A l’horizon, superbe coucher de soleil. Plusieurs bergeronnettes grises parcourent le grand toit de la ferme ; il y a eu un arrivage ces derniers jours. Un rougequeue noir égrène son chant grinçant sur le faîte. La première fois que je l’entends ici cette année. Aussi une arrivée récente. |
| 18 mars 2026 | Delémont - Haute Borne | Sortie nocturne, où je déambule durant plus d’une heure dans le silence absolu ; pas le moindre bruissement de vie. Entre milieu ouvert, forêt et clairière, je suis pourront en terrain favorable. Enfin, deux chouettes hulottes lancent leur hululement au loin ; bref intermède. Cette année, leurs amours sont bien finis, ce qui se dessinait déjà il y a une semaine (voir le 10 mars). Hormones épuisées, amours éteints. Une nouvelle vie commence pour les chouettes, hiboux, lynx, renards, blaireaux. Bientôt place à l’éducation ; ce sera à nouveau plus animé. En poursuivant mon périple : deux chevreuils, un renard, deux ou trois sangliers ; bêtes sombres sur fond de forêt sombre, pas facile à observer distinctement en pleine nuit… |
| 15 mars 2026 | Delémont - Colliard - Roc Courroux - Vadry - Pierreberg | Un rougequeue noir chante sur un toit de la vieille ville malgré les tuiles givrées. C’est le premier chant que j’entends cette année de cet oiseau, alors que je l’ai vu durant tous les mois de l’hiver. Premières fleurs d’épine noire (photo 2). Les baies de viorne obier apportent encore un peu de couleurs (photo 3) ; peu d’oiseaux apprécient ces billes rouges, raison pour laquelle elles restent souvent accrochées jusqu’à la prochaine floraison. |
| 14 mars 2026 | Delémont - Colliard | Malgré des conditions peu encourageantes, six personnes pour une sortie facile de la SEPOD. En une heure trois quarts, dans le bas du Colliard, observation d’une vingtaine d’espèces d’oiseaux : cincle plongeur (esquisse de 2017, du bord de la Sorne, lorsque le cincle était l’oiseau de l’année), merle noir, pic épeiche, fauvette à tête noire, rougegorge, troglodyte, grive musicienne, pouillot véloce, mésange bleue, mésange charbonnière, sittelle, héron cendré, buse variable, pigeon ramier, pic vert, moineau friquet, bruant jaune, grimpereau des jardins, pinson des arbres, pie bavarde, étourneau, corneille noire. Et au sol, premières fleurs de lierre terrestre. |
| 12 mars 2026 | Delémont - Colliard - Roc Courroux - Vadry - Pierreberg | Cette année, le retour de migration de la fauvette à tête noire coïncide avec le début de floraison de la dentaire à sept folioles (photos) ; coïncidence en noir et blanc. La fauvette chante dès son arrivée. Elle ne tarde pas à signaler son retour et la fluidité de son chant est incomparable ; un plaisir. Pas de confusion possible à cette période. |
| 10 mars 2026 | Delémont - Haute Borne | Compte-rendu concis de cette sortie nocturne : renard, chevreuil, sanglier, blaireau, raton laveur, lynx ; zéro ! En trois heure de randonnée, pas entendu la moindre manifestation de mammifère. Heureusement, il y avait les chouettes hulottes. Sept en tout, que des mâles…J’ai été accompagné tout le soir par leurs chants, qui me paraissaient toutefois manquer de conviction, malgré quelques hululements nuptiaux. Amour finissant ! Les femelles sont certainement sur les œufs… Par contre, cette année les ébats des batraciens me paraissent très réservés. |
| 9 mars 2026 | Delémont - Colliard | Une première, sitôt une centaine de mètres franchis dans la forêt : le chant de la fauvette à tête noire retentit. Elle est bien visible dans un buisson (photo 1). Son retour ici est très récent. Première observation de l’année. Son chant, que je n’ai plus entendu depuis septembre passé, pour cause de migration…, s’ajoute maintenant à celui du pouillot véloce. La forêt retrouve de la voix, l’ouverture du concert annuel est amorcée. Plus loin, le cri « hilare » du pic cendré appartient aussi au fond sonore forestier du Colliard. Il s’était fait très rare ces vingt dernières années. Le bonheur, cette année, de relever deux territoires. Au sol, aussi une première : les boutons floraux de la dentaire à sept folioles sont prêts à se déployer. L’anémone fausse renoncule était à ce même stade il y a trois jours, dans la frênaie, alors qu’elle est maintenant en pleine floraison (photo 2). Pas de temps à perdre… La renoncule ficaire, elle, a déjà pris largement possession des terrains favorables (photo 3). Quant à l'ail des ours, pas nécessaire de la voir pour déterminer sa présence, tant ses effluves sont envahissantes et incontournables, alors qu'il ne montre que ses feuilles. |
| 8 mars 2026 | Delémont - Claude Chappuis -Haute Borne | Le sable du Sahara trouble encore l’atmosphère. Cela n’empêche pas les oiseaux chanteurs de se manifester : pouillot véloce, grive musicienne, rougegorge, mésanges sp, etc. Les retours de migration se poursuivent. Ce sont pourtant les nouvelles fleurs qui me retiennent ce dimanche. La petite pervenche ne se distingue pas facilement dans le couvert de feuilles vertes (photo 1; cette première fleur de pervenche photographiée à la même date qu'en 2025...). De même que la pulmonaire sombre, encore timide (photo 2). Première fleur, isolée, de gesse printanière, ou orobe. Sur les hauteurs, les fleurs sont plus étendues et nettement visibles. Evidemment la jonquille (photo 3). Mais ce sont plutôt les blanches qui m’intéressent, avec parfois un exemplaire violacé ; crocus du printemps (photo 4). Une étonnante composition avec un lichen sur frêne (photo 5). A proximité se remarque l’anémone sylvie (photo 6), alors qu’en ce moment fleurit l’anémone fausse renoncule au Colliard, dans la frênaie, semblable en jaune. |
| 6 mars 2026 | Delémont - Colliard - Roc Courroux - Vadry - Pierreberg | Beau et doux ; 17°C (temp. max officielle). Mais le ciel n’est pas franchement bleu, par rapport à quelques jours auparavant. La lumière est laiteuse, teintée d’ocre jaunâtre. Des poussières sahariennes voilent le ciel (photo 1). En interpolant l’évaluation faite pour la Suisse, par MétéoSuisse, il y a environ 300 t de particules du Sahara au-dessus de la vallée de Delémont… Autre fait actuel : le chant des oiseaux gagne tous les jours en intensité et en diversité. En particulier, le pouillot véloce est devenu omniprésent en quelques jours ; les chanteurs sont arrivés. Son chant monotone, sautillant, retentit dans tous les coins boisés du Colliard : silp-salp-silp-salp-…. La grive musicienne occupe aussi bien le fond sonore, mais ses répétitions sont très varées. Au sol des mêmes milieux, répandue par petites touffes, la violette des forêts (photo 2). Dans la frênaie, l’anémone fausse renoncule débute sa floraison (photo 3). Le saule marsault est « en chatons » (photo 4). Les papillons en profitent pour se nourrir. Grande surprise avec une blle-dame, ou vanesse du chardon, dejà de retour de migration (photo 5). Ce papillon est un phénomène de la nature, en migrant jusqu'en Afrique du nors; un exploit... |
| 4 mars 2026 | Delémont - Haute Borne | A l’approche de la forêt au-dessus de la ville, j’entends déjà plusieurs chouettes hulottes, alors que la lune, grand disque orangé, s’extrait de la Hohe Winde, au moment où les huit coups de 20h sonnent aux clochers des alentours. Un moment singulier. C’est un soir de concert : chants nuptiaux et parades de plusieurs hulottes, au moins 7 mâles et 4 femelles durant la soirée, chuintement d’une chouette effraie, jappements de renards, cris de blaireaux, feulements de lynx, et grognements de sangliers. Mais pas de croassements de crapauds ou de grenouilles (ni de traces de pontes en passant près de l’étang de Domont, en basses eaux). Quant aux chauves-souris, silencieuses à nos oreilles, elles participent quand même à l’animation aérienne. Depuis quelques semaines, une période d’intense activité nocturne, et diurne… Jour et nuit, le grand réveil de la nature. |
| 2 mars 2026 | Delémont - Haute Borne | Il est 19h. Ciel crépusculaire limpide, totalement dégagé, d’est en ouest ; c’est la condition pour observer l’alignement exceptionnel des six planètes : Jupiter, Uranus, Saturne, Neptune, Mercure et Vénus, avec la pleine Lune en prime, à l’est de Jupiter (esquisse documentaire). « Parade planétaire », à laquelle ne manque que Mars ; un événement rarissime, visible que quelques jours. |
| 2 mars 2026 | Delémont - Colliard - Roc Courroux - Vadry - Pierreberg | Les grives musiciennes dominent le concert des chanteurs. Les pouillots véloces (photo 1, de Salvatore S.) ne se font encore que très timidement une place. Les migrateurs reviennent progressivement, mais j’ai vu certains individus durant tout l’hiver ; le pouillot véloce est un de mes indicateurs locaux du réchauffement climatique. La pulmonaire officinale présente déjà quelques fleurs (photos 2 et 3), qui passent du rose initial au bleu. Le pigment, un anthocyane, est aussi un indicateur du pH (indice d’acidité) des sucs cellulaires, d’abord acides puis basiques. La corydale à bulbe creux est en pleine floraison depuis quelques jours (photo 4 et 5) ; deux couleurs d’inflorescence, bleu-violet et blanc, pour deux variantes génétiques de la même espèce. |
| 1er mars 2026 | Delémont - Haute Borne | Deux chouettes hulottes, mâles, chantent en plein soleil, peu après midi ; des insomniaques. Une bergeronnette des ruisseaux, le bec plein de mousse, construit son nid au "goulet" de la Golatte. Sur le sol forestier, les fourmis sont fortement affairées à réparer les dégâts qu’ont subis leurs dômes durant l’hiver ; incroyable effervescence et admirable labeur… (photo 1). Les saccageurs : certainement des pics, pour se nourrir. Les jonquilles se déploient au soleil et les primevères élevées sont en fleur à plusieurs endroits ombragés (photo 2). |
| 27 février 2026 | Delémont - Colliard - Roc Courroux - Vadry - Pierreberg | Après dissipation du brouillard, départ en pull et retour en 7-shirt ; officiellement 21 °C à la station de Delémont. Au-dessus des touffes de drave faux aïzoon, (photo 1), accroché à la falaise, un tichodrome échelette, magnifique oiseau anthracite et rouge, se montre furtivement avant de s’enfiler dans une fissure. Je monte vers la crête, mais malheureusement ne le verrai plus. Petit moment de grand bonheur. Plus haut, le plaisir d’entendre le premier chant de l’année du pouillot véloce. A proximité, une première fleur de primevère officinale (photo 2). Pas de chance pour les allergiques aux graminées, la seslérie bleuâtre a écarté ses écailles (photo 3) pour déjà étaler ses anthères pleines de pollen (photo 4). Autres floraisons précoces : renoncule ficaire et carydale à bulbe creux.
Dans la frênaie, pas nécessaire d’attendre les fleurs pour deviner la prochaine floraison, tant l’odeur d’ail des ours est dominante. |
| 25 février 2026 | Delémont - Haute Borne | Crépuscule, passage de témoin entre chanteurs du jour et de la nuit. Moment insolite où le chant du rougegorge et du merle retentit sur fond d’hululement de chouette hulotte. Quelques minutes décalées. La migration des batraciens est en cours depuis trois nuits. Ce soir, les crapauds communs sont majoritaires à traverser la route tiédie par la douceur de la journée. Restaurant fermé, pas de voitures. Le risque d’écrasement est donc faible, ce soir nous n’aidons pas ces lambins à passer d’un côté à l’autre du bitume. Nombreux chants de chouettes hulottes, mâles et femelles. Pas de danger pour les crapauds, qui ne sont pas une proie pour elles : « c’est poison ». D’ailleurs, en cette période, elles sont très occupées à séduire, par le chant et les rondes (esquisse ; un mâle hulule sur une branche de pin et une femelle vole autour). |
| 24 février 2026 | Delémont - Colliard - Roc Courroux - Vadry - Pierreberg | Dans la forêt, concert de chant des oiseaux : les grives draines et musiciennes s’entremêlent, le troglodyte et l’accenteur mouchet rivalisent dans les fourrés, grimpereaux des jardins et des bois se partagent les troncs, … Mésanges et pics, tous y sont. Et l’énumération des chanteurs pourrait s’allonger, même si dans le mélimélo le repérage de chaque soliste n’est pas toujours évident. En ce moment, les fleurs sont plus « ordrées ». Dans la forêt, le sol est abondamment tacheté de blanc : innombrables clochettes de nivéoles. En fonction de l’altitude, déclinaison de deux couleurs : en bleu avec la scille à deux feuilles (photo 1) dans le bas et la seslérie bleuâtre (photo 2) vers le haut, et en jaune, avec la drave faux aïzoon (photo 3) au sommet et le cornouiller mâle (photo 4) au point le plus bas. Sortis d’hibernation par l’exceptionnelle douceur, des papillons volettent le long de toute la crête et sur le versant sud. Un bal coloré de citron, vulcain, petite tortue, paon-du-jour (photo 5, passant au noir avec ailes repliées photo 6). Croassements de grenouilles rousses et de crapauds communs aux abords de la roselière. |
| 22 février 2026 | Delémont - Haute Borne | D’une sortie à l’autre, les chanteurs augmentent : grives musiciennes, grives draines, pinsons des arbres, étourneaux, bruants jaunes, merles, rougegorges et autres passereaux. La migration printanière de courte ou moyenne distance commence depuis quelques années au mois de février. Et les pies ont entamé la construction de nids il y a un mois. Le populage précoce, au pied de sources « tempérées » (photo 1) est maintenant accompagné de la primevère élevée (photo 2). En ce moment, le lieu est métamorphosé en « vallon des nivéoles » (photo 3 et 4) ; dénomination inspirée d’un tableau de Coghuf : « Le vallon du pic noir ». |
| 21 février 2026 | Delémont - Haute Borne | Une bande d’étourneaux colloque bruyamment sur un arbre (photo 1). Depuis une dizaine de jours, les effectifs augmentent quotidiennement. Plus loin, une grive musicienne chante à pleine voix dans la forêt ; deux autres lui répondent. Un autre oiseau migrateur, dont j’observe le retour depuis deux semaines. Le couvert forestier, essentiellement de feuilles mortes brunâtre, est de plus en plus percé de pousses vertes : feuilles d’ail des ours, de muguet, de gouet. Attention aux confusions pour le pesto… Un doux parfum floral me titille les narines : pas de doute ; bois gentil en fleur (photo 2 et 3). D’autres fleurs, comme le tussilage, se sont multipliées en un mois (photo 4). Je découvre un nouvel emplacement d’éranthe d’hiver (photo 5), plutôt rare dans la région. |
| 17 février 2026 | Delémont - Haute Borne | Après une journée de pluie, le ciel se déchire ; longue sortie nocturne. C’était le bon plan… Déjà en montant le rue de Chêtre, vers 20h, deux renards donnent de la voix. Puis, au-dessus de la ville, concert de chouettes hulottes. Je reste longtemps à suivre la parade d’un couple, avec chants nuptiaux (esquisse). Magnifique moment. Durant mon escapade, suivent encore les chants de 7 hulottes. Un moment autre fort : une chouette de Tengmalm chante en « haut lieu ». Une sorte de trille monotone d’une même note douce. Certainement en recherche de territoire. En lisière de forêt, un chevreuil me surprend à faible distance avec son aboiement rauque et puissant. Dans les alentours, quelques grognements de sangliers. Encore une forte émotion : le cri d’un lynx, répété quelques fois. Moment de silence. Retenti alors, plus loin, le cri d’un second. C’est la première fois que je me trouve en pareille situation, au milieu du rut de lynx. Sublime ! |
| 15 février 2026 | Delémont - Colliard - Roc Courroux - Vadry - Pierreberg | A peine la passerelle de la Birse passée, ce sont les grives draines qui se font entendre avec leur chant ; brèves strophes, claires et sonores. Nombreuses mésanges charbonnières et mésanges bleues. Mais dès que je passe sur le versant forestier de l’envers, c’est une bande mixte de mésanges nonnette et de mésange boréales qui retient mon attention, passant de branche en branche. Ces deux espèces sont très semblables, c’est leur chant qui marque une petite nuance de rythme. Un beau renard dans un pâturage, grand, un mâle. En prenant encore un peu de hauteur, une mince couche de neige fraîche. Le pollen des noisetiers est captif (photo 1). Ciel couvert. Traces d’animaux estompées. Malgré cela, plusieurs pistes de lièvre et de blaireau distinctes. Puis, arrivé sur l’autre versant, le soleil apparaît, la pellicule de neige disparaît. Sur le chemin, une « semelle » de chamois bien visible (photo 2). Dans la pente forestière, un superbe sentier de blaireau, bien marqué (photo 3), l’empreinte de ses griffes évidente (photo 4). En face, un superbe if (photo 5), élancé, haut d’une douzaine de mètres, selon mon estimation. Une silhouette de cette élégance est plutôt rare par ici. |
| 14 février 2026 | Delémont; Grioux - vieille ville | Ornithologie de proximité, par la fenêtre de mon bureau. Déjà depuis quatre semaines, un couple de pie s’intéresse à nouveau au bouleau de mon jardin (photo). Leur nid de l’année passée est encore intact (à droite sur la photo), mais une esquisse de nid est maintenant en construction dans une autre fourche, deux mètres plus à gauche. Initiative précoce, alors que des nuages de neige s’approchent. Affaire à suivre. |
| 13 février 2026 | Delémont - Colliard - Roc Courroux - Vadry - Pierreberg | Beau et doux. Chants et cris révélateurs ; des oiseaux manifestent leur revendication territoriale ou leur intention d’appariement. Tous les pics du site en sont, aussi avec tambourinage : pic mar, pic vert, pic cendré, pic épeiche, pic épeichette. Au pied d’un frêne, de jeunes feuilles de gouet tacheté (photo 1), rigoureuse fidélité au lieu d’une année à l’autre (photo 2, baies en juillet 2025). Sur la pente ensoleillée, d’insolites petites perles blanches (photo 3), très dures, portées par des tiges foncées, fines et cassantes. C’est ma compagne Céline qui les a remarquées, il y a quelques jours; devant sa légitime curiosité, il me restait à les déterminer. Heureusement que je savais que fleurit ici le grémil pourpre bleu (photo 4) ; c’était la bonne piste. Lien fleurs-graines confirmé. Alors que la neige est annoncée pour demain, un papillon, un vulcain, profite du soleil de ce midi (photo 5). Presqu’invisible sur le parterre forestier de feuilles de hêtre et de ronces. |
| 9 février 2026 | Delémont - Colliard - Roc Courroux - Vadry - Pierreberg | Juste avant la passerelle, accueil par une mésange charbonnière (photo 1). Son chant et celui de la mésange bleue, qui ne porte pas de cravaté, m’accompagneront durant toute mon excursion. Dans la forêt, un petit groupe de pouillots véloces passent hâtivement d’un arbre à l’autre. Tout l’hiver je suis à l’affut de cet oiseau (photo 2; de Salvatore S.), pour moi l’un des bons indicateurs du réchauffement climatique. Ils sont muets à cette saison, certainement par économie d’énergie. Une autre petite bande de « poids plume » s’en mêle : des roitelets huppés. Ceux-ci, contrairement aux pouillots véloces, sont toutefois des habitués de l’hiver ici ; ils portent d’ailleurs le nom de « Wintergoldhähnchen » en allemand. Sur le sentier de crête, un amas informe et gluant de baies, manifestement de gui (photo 3). J’observe cela périodiquement, mais il m’a fallu plusieurs années pour découvrir l’auteur de cette régurgitation : une martre. Confirmation par un spécialiste allemand. Sur le versant ensoleillé, des bruissements révélateurs : le lézard des murailles s’active (photo 4). Plus bas, dans la frênaie, le climat est plus frais et humide. Alors que je passe souvent par ici, mon regard est aujourd’hui happé par une fougère hirsute, accrochée à un tronc moussu : une touffe de polypode vulgaire (photo 5). Complicité végétale. |
| 8 février 2026 | Delémont - Claude Chappuis -Haute Borne | Il n’y a pas que des fleurs précoces, qui font écho au le réchauffement climatique, il y a aussi des oiseux migrateurs prématurés. Ce matin, une grive musicienne ouvre le concert de cette catégorie. Son chant me bloque sur place. Encore jamais entendu cet oiseau un mois de février… Quelques étourneaux sont aussi revenus du sud. D’autres chants, plus courants à cette période, se font aussi entendre : rougegorge, mésange charbonnière, mésange bleue, mésange noire, grive draine, pigeon ramier, … D’autres paradent : buse variable, milan royal, grand corbeau, pic noir, pic épeiche, pic vert. Un renard est en chasse alors que le soleil brille au zénith. Selon les « taupinières » de campagnols dans les champs (photo 1), sa nourriture ne manque pas. Les renardeaux sont peut-être aussi prématurés… Et suite aux observations de ces dernières semaines, la flore s’étoffe : le populage des marais persiste (photo 2), les nivéoles du printemps sortent la tête (photo 3), le tussilage se multiplie (photo 4). Je croise évidemment aussi les fleurs « juste-à-temps » : dorine à feuilles alternes, véronique de Perse, lamier rouge, pissenlit, renoncule âcre. En opérant un petit détour, je constate avec bonheur que l’éranthe d’hiver est en fleur (photo 5) ; je ne connais qu’un site « naturel », hors des jardins, qui est toutefois souvent malmené par des dépôts de bois. Les abeilles sont très actives autour des ruches (photo 6). Mais, malgré la précocité de certaines fleurs, ce n'est pas encore l'abondance de nourriture. L'hiver n'est pas encore définitivement révolu; une raison pour ne pas gaspiller les provisions. |
| 3 février 2026 | Delémont et au-delà | Profitable sortie nocturne ; un grand tour de quatre heures. L’Hexagone d’hiver, avec Jupiter, domine le ciel. Premier point d’écoute. Silence. Lueur à l’est, d’avant le lever de la Lune. Soudain, une grande silhouette passe au-dessus de moi, sans bruit : j’ai à peine le temps de reconnaître un hibou grand-duc. Magnifique. Une rapide esquisse de cet instant approximatif. Je reste encore un moment, mais n’entendrai pas l’appel grave du maître des nocturnes. Poursuite avec la Lune qui se lève. Sa lumière est généreuse ; elle était pleine il y a deux jours. Dans la forêt, des bruits de pas sur les feuilles. Un blaireau sort et passe sur un reste de neige ; la bonne affaire pour bien le voir. Je reprends mon carnet d’esquisse. Puis, durant une heure environ, l’écoute domine, tout en avançant à pas comptés. J’entendrai huit chouettes hulottes, sept mâles et une femelle. Un concert étiré sur trois kilomètres ; ici, j’ai mes repères de distance. Le cri d’un mâle peu porter à plus de deux kilomètres. Chemin de retour, heure tardive. Un cri soudain, clair, net, me sort de mes rêveries. Je reste en place, oreilles tendues. Encore un cri. Un lynx. C’est le début du rut. |
| 2 février 2026 | Delémont - Colliard - Roc Courroux - Vadry - Pierreberg | De la passerelle qui enjambe la Birse, j'entends un pic épeichette qui tambourine bruyamment sur une pièce métallique, certainement un couvercle de poteau électrique. C'est sa manière d'attirer l'attention... Petit, mais fort du bec. Dans la forêt, les mésanges à longue queue sont nombreuses, par bandes, mais nettement plus discrètes avec leur faible cri, stridulé, bien reconnaissable. Dans le même milieu, la mercuriales vivace est proche de la floraison (photo 1). Au sommet ensoleillé de la Grande Roche, c'est déjà le cas depuis trois semaine pour la drave faux aïzoon (photo 2). Autre milieu: après avoir été en boutons durant une dizaine de jours, une touffe de perce-neige est maintenant en fleurs (photo 3). |