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| Date | Lieu | Observation et photos |
|---|---|---|
| 1er mars 2026 | Delémont - Haute Borne | Deux chouettes hulottes, mâles, chantent en plein soleil, peu après midi ; des insomniaques. Une bergeronnette des ruisseaux, le bec plein de mousse, construit son nid au "goulet" de la Golatte. Sur le sol forestier, les fourmis sont fortement affairées à réparer les dégâts qu’ont subis leurs dômes durant l’hiver ; incroyable effervescence et admirable labeur… (photo 1). Les saccageurs : certainement des pics, pour se nourrir. Les jonquilles se déploient au soleil et les primevères élevées sont en fleur à plusieurs endroits ombragés (photo 2). |
| 27 février 2026 | Delémont - Colliard - Roc Courroux - Vadry - Pierreberg | Après dissipation du brouillard, départ en pull et retour en 7-shirt ; officiellement 21 °C à la station de Delémont. Au-dessus des touffes de drave faux aïzoon, (photo 1), accroché à la falaise, un tichodrome échelette, magnifique oiseau anthracite et rouge, se montre furtivement avant de s’enfiler dans une fissure. Je monte vers la crête, mais malheureusement ne le verrai plus. Petit moment de grand bonheur. Plus haut, le plaisir d’entendre le premier chant de l’année du pouillot véloce. A proximité, une première fleur de primevère officinale (photo 2). Pas de chance pour les allergiques aux graminées, la seslérie bleuâtre a écarté ses écailles (photo 3) pour déjà étaler ses anthères pleines de pollen (photo 4). Autres floraisons précoces : renoncule ficaire et carydale à bulbe creux.
Dans la frênaie, pas nécessaire d’attendre les fleurs pour deviner la prochaine floraison, tant l’odeur d’ail des ours est dominante. |
| 25 février 2026 | Delémont - Haute Borne | Crépuscule, passage de témoin entre chanteurs du jour et de la nuit. Moment insolite où le chant du rougegorge et du merle retentit sur fond d’hululement de chouette hulotte. Quelques minutes décalées. La migration des batraciens est en cours depuis trois nuits. Ce soir, les crapauds communs sont majoritaires à traverser la route tiédie par la douceur de la journée. Restaurant fermé, pas de voitures. Le risque d’écrasement est donc faible, ce soir nous n’aidons pas ces lambins à passer d’un côté à l’autre du bitume. Nombreux chants de chouettes hulottes, mâles et femelles. Pas de danger pour les crapauds, qui ne sont pas une proie pour elles : « c’est poison ». D’ailleurs, en cette période, elles sont très occupées à séduire, par le chant et les rondes (esquisse ; un mâle hulule sur une branche de pin et une femelle vole autour). |
| 24 février 2026 | Delémont - Colliard - Roc Courroux - Vadry - Pierreberg | Dans la forêt, concert de chant des oiseaux : les grives draines et musiciennes s’entremêlent, le troglodyte et l’accenteur mouchet rivalisent dans les fourrés, grimpereaux des jardins et des bois se partagent les troncs, … Mésanges et pics, tous y sont. Et l’énumération des chanteurs pourrait s’allonger, même si dans le mélimélo le repérage de chaque soliste n’est pas toujours évident. En ce moment, les fleurs sont plus « ordrées ». Dans la forêt, le sol est abondamment tacheté de blanc : innombrables clochettes de nivéoles. En fonction de l’altitude, déclinaison de deux couleurs : en bleu avec la scille à deux feuilles (photo 1) dans le bas et la seslérie bleuâtre (photo 2) vers le haut, et en jaune, avec la drave faux aïzoon (photo 3) au sommet et le cornouiller mâle (photo 4) au point le plus bas. Sortis d’hibernation par l’exceptionnelle douceur, des papillons volettent le long de toute la crête et sur le versant sud. Un bal coloré de citron, vulcain, petite tortue, paon-du-jour (photo 5, passant au noir avec ailes repliées photo 6). Croassements de grenouilles rousses et de crapauds communs aux abords de la roselière. |
| 22 février 2026 | Delémont - Haute Borne | D’une sortie à l’autre, les chanteurs augmentent : grives musiciennes, grives draines, pinsons des arbres, étourneaux, bruants jaunes, merles, rougegorges et autres passereaux. La migration printanière de courte ou moyenne distance commence depuis quelques années au mois de février. Et les pies ont entamé la construction de nids il y a un mois. Le populage précoce, au pied de sources « tempérées » (photo 1) est maintenant accompagné de la primevère élevée (photo 2). En ce moment, le lieu est métamorphosé en « vallon des nivéoles » (photo 3 et 4) ; dénomination inspirée d’un tableau de Coghuf : « Le vallon du pic noir ». |
| 21 février 2026 | Delémont - Haute Borne | Une bande d’étourneaux colloque bruyamment sur un arbre (photo 1). Depuis une dizaine de jours, les effectifs augmentent quotidiennement. Plus loin, une grive musicienne chante à pleine voix dans la forêt ; deux autres lui répondent. Un autre oiseau migrateur, dont j’observe le retour depuis deux semaines. Le couvert forestier, essentiellement de feuilles mortes brunâtre, est de plus en plus percé de pousses vertes : feuilles d’ail des ours, de muguet, de gouet. Attention aux confusions pour le pesto… Un doux parfum floral me titille les narines : pas de doute ; bois gentil en fleur (photo 2 et 3). D’autres fleurs, comme le tussilage, se sont multipliées en un mois (photo 4). Je découvre un nouvel emplacement d’éranthe d’hiver (photo 5), plutôt rare dans la région. |
| 17 février 2026 | Delémont - Haute Borne | Après une journée de pluie, le ciel se déchire ; longue sortie nocturne. C’était le bon plan… Déjà en montant le rue de Chêtre, vers 20h, deux renards donnent de la voix. Puis, au-dessus de la ville, concert de chouettes hulottes. Je reste longtemps à suivre la parade d’un couple, avec chants nuptiaux (esquisse). Magnifique moment. Durant mon escapade, suivent encore les chants de 7 hulottes. Un moment autre fort : une chouette de Tengmalm chante en « haut lieu ». Une sorte de trille monotone d’une même note douce. Certainement en recherche de territoire. En lisière de forêt, un chevreuil me surprend à faible distance avec son aboiement rauque et puissant. Dans les alentours, quelques grognements de sangliers. Encore une forte émotion : le cri d’un lynx, répété quelques fois. Moment de silence. Retenti alors, plus loin, le cri d’un second. C’est la première fois que je me trouve en pareille situation, au milieu du rut de lynx. Sublime ! |
| 15 février 2026 | Delémont - Colliard - Roc Courroux - Vadry - Pierreberg | A peine la passerelle de la Birse passée, ce sont les grives draines qui se font entendre avec leur chant ; brèves strophes, claires et sonores. Nombreuses mésanges charbonnières et mésanges bleues. Mais dès que je passe sur le versant forestier de l’envers, c’est une bande mixte de mésanges nonnette et de mésange boréales qui retient mon attention, passant de branche en branche. Ces deux espèces sont très semblables, c’est leur chant qui marque une petite nuance de rythme. Un beau renard dans un pâturage, grand, un mâle. En prenant encore un peu de hauteur, une mince couche de neige fraîche. Le pollen des noisetiers est captif (photo 1). Ciel couvert. Traces d’animaux estompées. Malgré cela, plusieurs pistes de lièvre et de blaireau distinctes. Puis, arrivé sur l’autre versant, le soleil apparaît, la pellicule de neige disparaît. Sur le chemin, une « semelle » de chamois bien visible (photo 2). Dans la pente forestière, un superbe sentier de blaireau, bien marqué (photo 3), l’empreinte de ses griffes évidente (photo 4). En face, un superbe if (photo 5), élancé, haut d’une douzaine de mètres, selon mon estimation. Une silhouette de cette élégance est plutôt rare par ici. |
| 14 février 2026 | Delémont; Grioux - vieille ville | Ornithologie de proximité, par la fenêtre de mon bureau. Déjà depuis quatre semaines, un couple de pie s’intéresse à nouveau au bouleau de mon jardin (photo). Leur nid de l’année passée est encore intact (à droite sur la photo), mais une esquisse de nid est maintenant en construction dans une autre fourche, deux mètres plus à gauche. Initiative précoce, alors que des nuages de neige s’approchent. Affaire à suivre. |
| 13 février 2026 | Delémont - Colliard - Roc Courroux - Vadry - Pierreberg | Beau et doux. Chants et cris révélateurs ; des oiseaux manifestent leur revendication territoriale ou leur intention d’appariement. Tous les pics du site en sont, aussi avec tambourinage : pic mar, pic vert, pic cendré, pic épeiche, pic épeichette. Au pied d’un frêne, de jeunes feuilles de gouet tacheté (photo 1), rigoureuse fidélité au lieu d’une année à l’autre (photo 2, baies en juillet 2025). Sur la pente ensoleillée, d’insolites petites perles blanches (photo 3), très dures, portées par des tiges foncées, fines et cassantes. C’est ma compagne Céline qui les a remarquées, il y a quelques jours; devant sa légitime curiosité, il me restait à les déterminer. Heureusement que je savais que fleurit ici le grémil pourpre bleu (photo 4) ; c’était la bonne piste. Lien fleurs-graines confirmé. Alors que la neige est annoncée pour demain, un papillon, un vulcain, profite du soleil de ce midi (photo 5). Presqu’invisible sur le parterre forestier de feuilles de hêtre et de ronces. |
| 9 février 2026 | Delémont - Colliard - Roc Courroux - Vadry - Pierreberg | Juste avant la passerelle, accueil par une mésange charbonnière (photo 1). Son chant et celui de la mésange bleue, qui ne porte pas de cravaté, m’accompagneront durant toute mon excursion. Dans la forêt, un petit groupe de pouillots véloces passent hâtivement d’un arbre à l’autre. Tout l’hiver je suis à l’affut de cet oiseau (photo 2; de Salvatore S.), pour moi l’un des bons indicateurs du réchauffement climatique. Ils sont muets à cette saison, certainement par économie d’énergie. Une autre petite bande de « poids plume » s’en mêle : des roitelets huppés. Ceux-ci, contrairement aux pouillots véloces, sont toutefois des habitués de l’hiver ici ; ils portent d’ailleurs le nom de « Wintergoldhähnchen » en allemand. Sur le sentier de crête, un amas informe et gluant de baies, manifestement de gui (photo 3). J’observe cela périodiquement, mais il m’a fallu plusieurs années pour découvrir l’auteur de cette régurgitation : une martre. Confirmation par un spécialiste allemand. Sur le versant ensoleillé, des bruissements révélateurs : le lézard des murailles s’active (photo 4). Plus bas, dans la frênaie, le climat est plus frais et humide. Alors que je passe souvent par ici, mon regard est aujourd’hui happé par une fougère hirsute, accrochée à un tronc moussu : une touffe de polypode vulgaire (photo 5). Complicité végétale. |
| 8 février 2026 | Delémont - Claude Chappuis -Haute Borne | Il n’y a pas que des fleurs précoces, qui font écho au le réchauffement climatique, il y a aussi des oiseux migrateurs prématurés. Ce matin, une grive musicienne ouvre le concert de cette catégorie. Son chant me bloque sur place. Encore jamais entendu cet oiseau un mois de février… Quelques étourneaux sont aussi revenus du sud. D’autres chants, plus courants à cette période, se font aussi entendre : rougegorge, mésange charbonnière, mésange bleue, mésange noire, grive draine, pigeon ramier, … D’autres paradent : buse variable, milan royal, grand corbeau, pic noir, pic épeiche, pic vert. Un renard est en chasse alors que le soleil brille au zénith. Selon les « taupinières » de campagnols dans les champs (photo 1), sa nourriture ne manque pas. Les renardeaux sont peut-être aussi prématurés… Et suite aux observations de ces dernières semaines, la flore s’étoffe : le populage des marais persiste (photo 2), les nivéoles du printemps sortent la tête (photo 3), le tussilage se multiplie (photo 4). Je croise évidemment aussi les fleurs « juste-à-temps » : dorine à feuilles alternes, véronique de Perse, lamier rouge, pissenlit, renoncule âcre. En opérant un petit détour, je constate avec bonheur que l’éranthe d’hiver est en fleur (photo 5) ; je ne connais qu’un site « naturel », hors des jardins, qui est toutefois souvent malmené par des dépôts de bois. Les abeilles sont très actives autour des ruches (photo 6). Mais, malgré la précocité de certaines fleurs, ce n'est pas encore l'abondance de nourriture. L'hiver n'est pas encore définitivement révolu; une raison pour ne pas gaspiller les provisions. |
| 3 février 2026 | Delémont et au-delà | Profitable sortie nocturne ; un grand tour de quatre heures. L’Hexagone d’hiver, avec Jupiter, domine le ciel. Premier point d’écoute. Silence. Lueur à l’est, d’avant le lever de la Lune. Soudain, une grande silhouette passe au-dessus de moi, sans bruit : j’ai à peine le temps de reconnaître un hibou grand-duc. Magnifique. Une rapide esquisse de cet instant approximatif. Je reste encore un moment, mais n’entendrai pas l’appel grave du maître des nocturnes. Poursuite avec la Lune qui se lève. Sa lumière est généreuse ; elle était pleine il y a deux jours. Dans la forêt, des bruits de pas sur les feuilles. Un blaireau sort et passe sur un reste de neige ; la bonne affaire pour bien le voir. Je reprends mon carnet d’esquisse. Puis, durant une heure environ, l’écoute domine, tout en avançant à pas comptés. J’entendrai huit chouettes hulottes, sept mâles et une femelle. Un concert étiré sur trois kilomètres ; ici, j’ai mes repères de distance. Le cri d’un mâle peu porter à plus de deux kilomètres. Chemin de retour, heure tardive. Un cri soudain, clair, net, me sort de mes rêveries. Je reste en place, oreilles tendues. Encore un cri. Un lynx. C’est le début du rut. |
| 2 février 2026 | Delémont - Colliard - Roc Courroux - Vadry - Pierreberg | De la passerelle qui enjambe la Birse, j'entends un pic épeichette qui tambourine bruyamment sur une pièce métallique, certainement un couvercle de poteau électrique. C'est sa manière d'attirer l'attention... Petit, mais fort du bec. Dans la forêt, les mésanges à longue queue sont nombreuses, par bandes, mais nettement plus discrètes avec leur faible cri, stridulé, bien reconnaissable. Dans le même milieu, la mercuriales vivace est proche de la floraison (photo 1). Au sommet ensoleillé de la Grande Roche, c'est déjà le cas depuis trois semaine pour la drave faux aïzoon (photo 2). Autre milieu: après avoir été en boutons durant une dizaine de jours, une touffe de perce-neige est maintenant en fleurs (photo 3). |
| 1er février 2026 | Delémont - Haute Borne | Beau, température agréable, pas vraiment de saison hivernale. Ambiance printanière diffusée par certains oiseaux: chant abondant de grives draines, roucoulement notoire de pigeons ramiers, appel de bruant jaune, parade de quelques couples de pic noir. Ce sont des habitués du calendrier précoce. En plus de deux semaines, le tussilage s'est multiplié a quelques endroits exposés au soleil (photo 1). Et dans un autre milieu, nettement plus humide, le populage des marais (photo 2), en fleur depuis une semaine (voir l'observation du 26 janvier), affiche un record de précocité; comme chaque année en ce lieu. Mon observation la plus précoce pour cette espèce, que j'aurai vu tous les mois depuis février 2025... Une manière de suivre le changement climatique. Plusieurs blaireaux ont laissé d'abondantes traces de grattage sur la crête. Les jeunes, c'est pour bientôt. Addendum: des mesures de température faites ultérieurement (5 fév.) indiquent un site "tempéré" à l'emplacement du populage des marais, provenant de l'écoulement de sources; différence d'environ +4°C par rapport à l'amont et l'aval. Hypothèse confirmée. |
| 31 janvier 2026 | Delémont - Colliard | Manifestation de pics: épeiche, cendré, vert, noir. Ce dernier est nettement celui qui est le plus présent par ses deux cris distincts, en vol et posé. Caché sous des buissons épineux, une touffe de perce-neige en bouton, avec juste une fleur ouverte (photo 1). Je reviendrai... Et pour les sangliers, pas besoin de "fendre" la neige pour laisser des traces de passage (photo 2). Impressionnant! Observation devenues peu courante: un bruant des roseaux. Depuis quelques années, mes observations de cet oiseau se sont raréfiées ici. |
| 29 janvier 2026 | Delémont - Colliard - Roc Courroux - Vadry - Pierreberg | Petite couche de neige de cette fin de nuit, idéale pour repérer les mouvements d'animaux de ce matin. Les renards (photos 1 et 2) et les blaireaux (photos 3 et 4) étaient bien actifs. Contrairement à certaines croyances, le blaireau ne passe pas l'hiver en dormant... Je repère moins d'empreintes de chevreuils et de chamois. Les fleurs de noisetiers, chargées de pollen jaune, offrent des contrastes facilement déterminables en lisière de forêt (photo 5) sur fond de neige. Addendum: Dans le QJ du 3 février 2026, une brève intitulée "Allergies" signale, avec une photo de chatons de noisetier à l'appui, que "La saison pollinique est sur le point de commencer en Suisse". Or, il y a déjà 7 semaines, que je relevais les premières floraisons de noisetiers à Delémont (voir mes observations dès le 15 décembre 2025). |
| 26 janvier 2026 | Delémont - Haute Borne | Quelques traces fraiches de chamois et de blaireaux sur la pellicule de neige de la nuit. Nombreux bouvreuils répartis sur toute la crête de la Chaive, repérables à leur cri typique, doux et mélancolique. Et incroyable observation de populage en fleur. J'avais prévu cette sortie pour rechercher cela, malheureusement sans mon petit appareil de photo. |
| 25 janvier 2026 | Delémont - Colliard - Roc Courroux - Vadry - Pierreberg | Un milan royal tournoie inlassablement à quelques mètres au-dessus du troupeau de moutons, dans le pâturage. Son comportement me paraît un peu suspect; instinct de charognard… Un pic cendré s’envole. En passant à l’Envers, je me méfie des restes de plaques de neige glissante. Elle a conservé quelques empreintes, dont une arrondie, dans laquelle mon poing fermé prend place; indice significatif. Je reviendrai une prochaine nuit… Un chamois me surveille à moyenne distance, tout en marchant dans la forêt en forte pente. Pas de cri d’alarme. Un grand épicéa git depuis peu sur le pâturage ; cassé (photo 1). Ce n’est pourtant pas la règle forestière, qui veut qu'un arbre avec des racines superficielles, c'est le cas de l'épicéa, verse avec ses racines, donc sans casse du tronc. Un autre résineux, encore debout, mais mourant, porte une rangée de champignons, des amadouviers (photo 2), disposée en échelle à écureuil… Le lierre, abondant et touffu ici, est fortement chargé de baies noires cet hiver (photo 3). Un régal à cette période de l’année pour certains oiseaux, surtout pour les merles et les grives. Mais méfiance ; hautement toxiques pour les humains. Au bord du chemin de l’Endroit, changement de contraste avec les graines plumeuses de clématite blanche. Même en hiver, cette liane à fumer porte bien son qualificatif (photo 4). Retour par le pâturage, où le troupeau de moutons semble surveillé par un héron (photo 5). Efficacité douteuse; pas vraiment un garde-moutons … |
| 23 janvier 2026 | Delémont - Colliard - Roc Courroux - Vadry - Pierreberg | Les oiseaux sont bien discrets durant ma sortie, autour de midi. A peine quelques cris de roitelets huppés, de mésanges noires, charbonnières, bleues et à longue queues. Au sommet de la crête, deux grands corbeaux; des fidèles. Le sol forestier de l’endroit est couvert de feuilles brunes ; feuilles mortes surtout de hêtres, de chênes et d’érables. Dans ce milieu pentu, orienté au sud, des touffes vert clair frappent le regard (photo 1) : l’ellébore fleurit depuis un mois et demi. Ses fleurs vertes paraissent anodines, mais elles méritent un rapprochement pour voir l'élégante collerette rouge (photo 2), mon indice personnel de floraison. Soudain, alors que je marche un peu mécaniquement, attentif plutôt aux cris d’oiseaux : une petite tache jaune au bord du chemin (photo 3). Une fleur de tussilage. Le deuxième site de floraison que je rencontre cet hiver, après le plus précoce découvert il y a une semaine, plus à l’ouest. A l’approche du pâturage du Colliard, un mélange de cris révélateurs : corneilles noires et choucas des tours. Une cinquantaine, fouillant le sol en cherchant quelque nourriture (photo 4). D’autres sons signalent d’autres présences sympathiques (photo 5). |
| 22 janvier 2026 | Delémont - Haute Borne | Observation relativement rare du discret accenteur mouchet. Je le vois picorer sur le sentier devant moi, puis s’envoler dans un buisson. Comportement de troglodyte, avec d’autres ressemblances. Le soleil semble stimuler les oiseaux. Chants de grives draines. Un pic vert lance sont ricanement alors qu’un pic épeiche tambourine sur un tronc de « résonance ». Un autre répond du bout d’une branche (photo). Des pigeons ramiers roucoulent, preuve que certains passent bien l’hiver ici. Chardonnerets, verdiers pinsons des arbres, grosbecs, bruants jaunes, merle, grive litorne, et aussi les différentes mésanges se manifestent de la voix en passant d’arbres en arbres. Douceur printanière ; les oiseaux attirent les oiseaux, comme les clients attirent les clients sur les terrasses de bistrots |
| 20 janvier 2026 | Delémont - Haute Borne | Un pic cendré « chante » à la Longue Vie. Intéressant, car ce pic s’était considérablement raréfié, mais depuis quelques années il semble à nouveau être plus présent dans nos forêts. Un pic noir donne de la voix, mais sa présence n’a pas fléchi, elle, au contraire. Sa répartition s’est plutôt renforcée, aussi à plus basse altitude. Sur les « endroits », ça grillonne. Différents insectes volent au soleil. Comme le pollen des noisetiers, déjà très abondant (photo 1), causant des symptômes d’allergies chez certaines personnes. Selon les consultations médicales, des tiques sont aussi déjà actives à certains endroits. Je suis frappé par l’abondance cet hiver du champignon polypore en forme de siège ou d’abri, selon l’imagination ou l’utilité du moment (photo 2). Dénommé amadouvier, il prend pied et se développe sur les troncs et le bois morts. Sur les restes de neige des envers, les traces sont nombreuses. Malheureusement aussi d’autos et de motos (photos 3/4) ; ce type de « retour à la nature » est malheureusement en plein développement. Land art motorisé. Grrr… |
| 19 janvier 2026 | Delémont | Incroyable nuit d’observation d’aurores boréales. Un spectacle inouï de lumière et de couleur au nord du ciel, sinon sombre mais très étoilé, de 22h30 à 23h30, en face de l’Hexagone d’hiver qui domine au sud, traversé à trois reprises par une étoile filante. Le décor est posé. Conditions idéales, mais il faut être chaudement habillé. Une vaste lueur rouge s’étend dans la portion nord, en s’étendant par moment vers le haut jusqu’à l’étoile Polaire et touchant toute la constellation de la Petite Ourse. A cela s’ajoute périodiquement une trainée vert-jaune sous le rouge et des voiles vert-jaune-bleu qui s'étirent en se propageant vers l’est et vers l’ouest, comme en flottaison. Les mouvements et l’évolution des formes sont lents et fluides. Un somptueux ballet. Une chouette hulotte chante au loin… Une heure à couper le souffle. Jamais je n’ai vu pareil spectacle et jamais je n’aurais imaginé voir une telle féérie céleste sous nos latitudes. Merci à Régis de m’avoir alerté par téléphone, et qui a pris les photos (1-3) avec le même bidule, à une vingtaine de km de mon observatoire, mais en assistant les deux au même scénario, avec simultanéité des événements. |
| 18 janvier 2026 | Scheulte - Hohe Winde - Schönenberg | Épais et tenace brouillard dans la vallée. L’une des motivations pour prendre de la hauteur vers l’orient : ciel bleu et douceur garantis. Et visibilité au-dessus du stratus. Pas nécessaire d’aller dans la cohue des courses du Lauberhorn pour voir le décor mythique des « Bernoises » (photo 1). Autre dépaysement, le Plateau qui prend des allures de mer, jusqu’au Säntis, à l’extrême Est (esquisse). Dans cet air printanier, des grives draines chantent, pourtant à l’altitude de 1200 mètres. Des cynorhodons ramollis indiquent bien que le gel a frappé ici (photo 2) ; des festins de vitamine C. Où les bourrasques de vent peuvent être violentes (photo 3). Alors que mon attention se porte ailleurs, mon regard est aspiré par un petit conglomérat jaune ; une primevère élevée en fleur (photo 4). Incroyable ! Un moment d’étonnement et de bonheur, même si cette précocité trouve sa source dans un problème environnemental, le réchauffement climatique. Mon observation la plus précoce de fleur de primevère élevée remontait jusqu'à présent au 20 janvier 2007, à la Réselle de Soyhières (voir le livre "Delémont ville et nature", 2010, p. 181). Autre observation étonnante: le 15 novembre 2024, à 1 km de l'observation de ce jour. |
| 16 janvier 2026 | Delémont - Haute Borne | Après un épisode hivernal, froid et nuageux, succèdent des conditions douces et ensoleillées sur les droits et crêtes de la vallée. Aujourd’hui, quatrième jour. Les oiseaux donnent de la voix, ce qui contribue au repérage : mésange charbonnière, mésange bleue, mésange noire, mésange nonnette, mésange à longue queue, mésange huppée, grimpereau des bois, grosbec, bouvreuil et autres passereaux. A deux reprises j’entends le chant de la grive draine ; une première cette année. Un air de printemps. Des insectes volent, aussi des mouches, guêpes et abeilles. Dans la pente exposée, une grande fourmilière a été construite dans un fourré de ronces (photo 1) ; l’activité est intense. Plus haut, une surprise colorée, sous forme de papillon. Il volète dans la forêt sommitale (alt. 930 m), au même endroit où je l'avais observé l'hiver passé, puis se pose dans un sapin : un vulcain (photo 2). Et la sensation, secrètement espérée aujourd’hui, tussilage en fleur en bordure d’un chemin (photos 3 et 4). Floraison particulièrement précoce pour cette espèce, et à cette altitude de près de 900 m (premières observations des dernières années: 29.1.2025, 28.1.2024, 9.2.2023). A proximité, des noisetiers ont repris leur dispersion de pollen (photo 5), après avoir lancé la « saison » le 15 décembre dernier. Les houx, eux, sont en préparation avec les bourgeons floraux (photo 6). Hier, sur une autre crête proche, d’altitude comparable, je découvrais des fleurs de drave faux aïzoon. Alors que l’ellébore fétide est en fleur depuis plus d’un mois (voir l’observation du 4.12.2025). Le réchauffement climatique bouscule le calendrier des floraisons et les découvertes du naturaliste… |
| 15 janvier 2026 | Delémont - Colliard - Roc Courroux - Vadry - Pierreberg | Beau et doux, 11°C ; au-dessus de la nappe de brume qui s’étire dans la vallée. Sur la crête et dans la forêt de l’Endroit, la neige a disparu. Divers insectes en vol. Et surprise, tout en couleur orange : un vulcain. Plus tard encore un papillon, mais trop furtif pour que je puisse le déterminer. Divers cris d’oiseaux ; presque le catalogue complet pour l’endroit des mésanges et pics. Un pic noir s’en prend vigoureusement à un tronc vermoulu (photo 1) pour en extraire des larves. Plus bas, deux hérons cendrés jouent les garde-moutons. Au sommet de la crête, de petites fleurs jaunes : déjà début de floraison de la drave faux aïzoon (photo 2). L’endroit est exposé au soleil, mais tout de même à l’altitude de 840 mètres. A peine en dessous, au bord du sentier dans la pente forestière, je remarque un petit genévrier (photo 3). Une belle surprise ; ce n’est pourtant pas la première fois que je passe ici… Il y a toujours des découvertes à faire, même dans des lieux connus ; notre regard change. Concernant la dissémination du genévrier, la grive litorne est une importante contributrice, friande de ses baies (Walcholderdrossel, en allemand). |
| 14 janvier 2026 | Delémont - Vorbourg | Entre 20h et 21h, entendu une chouette hulotte mâle venant du Quenet et deux vers le Colliard. Chants lointains. Les chemins glacés limitent mon exploration nocturne. |
| 13 janvier 2026 | Delémont - Colliard - Roc Courroux - Vadry - Pierreberg | Brouillard givrant en ville; pas rigolo sur les trottoirs... Une raison pour prendre un peu de hauteur (photo 1) vers la douceur. Quelques bouffées d'ozone effleurent les narines; il y a du föhn sur les Alpes. Les geais sont très actifs, leurs cris sont omniprésents. Sur la crête, je suis admiratif en passant au pied d'un grand hêtre; c'est son système racinaire en surface qui m'impressionne à chaque fois (photo 2). En moins de 48 heures, la neige a fondu. Mais le sol mou enregistre aussi les traces de certains animaux, comme le grattage et les griffes de blaireau (photo 3). Contrairement à certaines croyances assez répandues, celui-ci ne dort pas en hiver, il réduit simplement son activité. Alors que j'examine une empreinte, j'entends un sifflement chuinté, répété. Un souffle par des naseaux. Plus haut sur un rocher, un chamois me fixe du regard (photo 4). Certainement le même mâle que j'avais vu en rut au même endroit, il y a trois semaines (voir observation du 25 décembre). Sur un éperon voisin, entre Petite Roche et Grande Roche, selon la dénomination de mon enfance à la rue Franche, arrive un autre chamois et se dresse à ma vue. Magnifique scène, je suis comblé. |
| 11 janvier 2026 | Delémont - Colliard - Roc Courroux - Vadry - Pierreberg | Couverture neigeuse, froid, ciel gris, brume au-dessus de 800 mètres. Midi, je monte discrètement vers la crête rocheuse. Au-moment où l'arête se dévoile, pause pour la scruter du regard. Un chamois est debout, immobile, sur un replat. Pelage foncé, il se détache bien sur le fond de neige. Je ne repère pas immédiatement un deuxième, en contrebas. Puis dévale un troisième ; descente à l'aveugle sur le calcaire escarpé. Mais pas de poursuite ; le rut est révolu. Je sors le carnet d'esquisse de mon sac, les doigts engourdis (esquisse). Je poursuis à la recherche de traces, dévoilant dans la neige la vie des animaux durant ces vingt-quatre dernières heures ; c'est l'âge de cette couche cafteuse. D'autres posent des pièges photographiques… Il y a effectivement eu des déplacements cette nuit. Un passage étroit de chamois est bien marqué dans la forêt (photo 1). Et sur la même pente, à proximité, un "dévaloir" de sangliers (photo 2) laisse supposer un certain ramdam. J'ai déjà assisté à pareille scène... Dans l'après-midi, j'ai rejoint la partie basse ; une grande aigrette se pose en toute élégance sur un vieux saule. Un instant plus tard, arrive également un héron cendré, lui avec un cri rauque qui n'a rien d'élégant. Partiellement dans un registre vocal semblable et en partie nettement plus doux, une centaine de corvidés tournoient en palabrant dans les parages. Dans moins de deux heures ils se dirigeront vers leur dortoir nocturne. |
| 11 janvier 2026 | Delémont; Grioux - vieille ville | Week-end de l'action "Oiseaux en hiver", de Bird Life. Café matinal de ce dimanche dans ma véranda pour déterminer durant une heure les oiseaux qui se pose dans l'espace de mon jardin (photos 1 et 2). Pas idéal, les conditions sont ... hivernales. Peu d'oiseaux se présentent, mais tout de même, il y a de quoi prendre quelques notes: Merle noir, pie bavarde, verdier, rougegorge, mésange charbonnière, mésange bleue, moineau domestique, corneille, choucas, mésange à longue queue, tourterelle turque, pinson des arbres, grive draine, chardonneret, pigeon domestique. Et aussi une scène territoriale: une corneille se pose sur le nid construit le printemps dernier par un couple de pie. Une pie arrive aussitôt (photo 3) et une seconde surveille à distance. Finalement, la corneille s'envole. Affaire à suivre. |