Carnet d'observations
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DateLieuObservation et photos
15 juillet 2025Courroux; Colliard - Grand Roc - Pierreberg

Mes oreilles sont en alerte durant toute l'excursion, pour sonder surtout... le silence. Durant plus de quatre heures, à peine quelques bribes sonores de chant ou de cri de pouillot véloce, de pouillot de Bonelli ou de pinson des arbres. Pas une seule mésange. J'effectue plusieurs point d'écoute: j'évalue à environ 10% de ce que j'entends en chants et en cris au printemps. Hors de la forêt, deux milans royaux mal en point; les ailes et la queue sont nettement ajourées. La mue est à son comble.

Brève explication: après la période de reproduction, donc en été, le plumage des oiseaux adultes est en mauvais état, après avoir été malmené dans le nid. Le plumage doit être refait; c'est la période de la mue. Durant ce temps, surtout en juillet jusque vers mi-août, des changements hormonaux réduisent les oiseaux presque au silence. En l'absence de chants et de cris, leur comportement est très discret. Même les interactions intraspécifiques deviennent rares.

Au bord du chemin, quelques fleurs égaient toutefois la situation, dont les majestueuses épilobes à feuilles étroites (photo1 ). Et au sol, les premiers fruits de gouet tacheté (photo 2); c'est tôt...


12 juillet 2025Delémont - Haute Borne

Au moment du départ, une linotte mélodieuse chante dans le jardin. Un mâle; la poitrine rouge-orange encore bien en vue. Superbe oiseau. Puis le silence de l'avifaune domine. Ce n'est qu'après une heure et demie que j'entends enfin un pouillot véloce... Il faut être attentif pour entendre des oiseaux..La mue est en cours.

Mais au retour, intense activité au-dessus d'un champ de céréales. Un incroyable ballet autour d'une moissonneuse-batteuse; la danse incessante rend le comptage approximatif: 6 cigognes blanches, 10 milans royaux, 3 milans noirs. Un spectacle.

10 juillet 2025Courroux; Colliard - Grand Roc - Pierreberg

Les chants des oiseaux poursuivent leur baisse de régime; toute l'énergie est mise dans la mue.

Je retrouve une latrine de blaireau, déjà observée il y a quelques jours; il a manifestement changé de régime alimentaire (photo). Après les cerises (voir les noyaux), il est passé à la nourriture à baies à petites graines... Les traces et indices sont intéressants pour étudier le comportement des animaux, mais personnellement, je préfère me pencher sur une pelote de réjection plutôt que sur une crotte...

Une belle surprise près d'un champ de blé. Alors que des hirondelles chassent inlassablement en rase-motte, un traquet tarier mâle se pose, lui, à l'affut sur les épis. Un oiseau devenu rare.


8 juillet 2025Delémont - Haute Borne

Sortie crépusculaire et nocturne, par temps frais, ciel clair et lever de lune. J'observe un chevreuil au comportement *bizarre" en lisière de forêt. A>près des allées et venues, un second sort de la forêt. Commence alors une course poursuite, le mâle suivant de près la chevrette, qui forme inlassablement des figures circulaires en tous sens dans la prairie. Un magnifique spectacle de rut. Avec l'obscurité croissante, je parviens avec difficulté à fixer une situation (voir l'esquisse). Je suis à bon vent mais à distance pour ne pas interférer.

Après plus d'un quart d'heure, la course s'étiole, certainement par épuisement. Les deux se mettent à brouter, à quelques mètres l'un de l'autre, puis se couchent. Malgré de bonnes jumelles, je les distingue à peine encore. Je me retire. Le froid est aussi très inconfortable... Cela s'est déroulé dans le pré où, l'année passée, j'avais déjà observé un "rond de sorcière", pas de champignons, mais un cercle de piétinement provenant de la course poursuite d'un couple de chevreuils. Les chevreuils restent en général fidèles à leur territoire, qui en plus n'est pas très grand.

Plus loin j'entends deux ou trois jeunes chouettes hulottes. Un plaisir.

A peine plus tard, des de puissants cris effroyables émanent de la forêt, à environ 20 - 30 mètres de moi. Je bloque mon pas, pas de frayeur mais de surprise et de curiosité. Les cris dure plusieurs minutes. Certainement deux animaux. Avec patience et difficulté, j’identifie l'origine: deux blaireaux. Leurs cris sont épouvantable, mais l'obscurité de me permet pas de voir davantage...


5 juillet 2025Courroux; Colliard - Grand Roc - Pierreberg

Début d'excursion "fécale": les cerises sont mûres, ce qui se remarque par les crottes de renards, de petits tas de noyaux de cerises qui jalonnent le sentier (photo 1). Plu loin, une latrine de blaireau creusée en bordure du chemin dévoile une abondante cueillette (photo 2).

Poursuite fétide: le champignon "phallique" observé le 26 juin, le satyre puant, a faibli entre temps dans l'erectus (photo 3), mais son odeur cadavérique s'est renforcée. Repoussante émanation pestilentielle, qui me rappelle le "parfum" de de l'arum titan, ou phallus de titan, une fleur dressée de près de 3 m de haut, la plus grande du monde, que j'avais observée au jardin botanique de Bâle, en novembre 2012 (photo 4).

Le buses, milans royaux et milans noirs sont nombreux à parcourir le ciel, surtout au-dessus des champs moissonnés. Beaucoup entament leur mue: les queues sont dégarnies et les ailes sont ajourée. C'est le moment de la réfection des plumages, avant la migration. Chez les grands corbeaux (esquisse 5), les manques paraissent mo9ins visibles, mais les ailes semblent asymétriques; ou un défaut d'observation...

D'autres animaux sont déjà en marche vers leur quartier d'hiver: à 600 m d'altitude, loin de points d'eau, je vois un crapaud commun qui se faufile parmi les feuilles sèches du sol forestier. Une expédition de titan.

Dans les pâturages, il n'y a malheureusement plus beaucoup de gentianes jaunes pour fournir du ravitaillement aux oiseaux granivores qui seront de passage dans 2-3 mois.

Mais en ce moment, dans la partie basse du Colliard, il est encore possible d'entendre les babils de l'hypolaïs polyglotte, un beau passereau à la poitrine jaune, qui se tient entre roseaux et buissons. Plutôt rare et toujours une belle surprise.


3 juillet 2025Delémont - Claude Chappuis -Haute Borne

La forêt est presque silencieuse, et aujourd'hui ce n'est pas la canicule qui clouent les becs; 26°C, mais hier 34°. Juillet, pour beaucoup d'oiseaux, le mois de transition entre la reproduction printanière et la migration automnale, donc la période de la mue. Les voix se perdent au profit de la réfection des plumes. Aujourd'hui, à peine quelques "silp-salp" de pouillot véloce, des notes de pinson, parfois un chant partiel de fauvette à tête noir. A peine entendu une trille de pouillot de Bonelli.

Ces prochains jours, le silence deviendra encore plus "pesant"; pour les ornithologues, et aussi pour les randonneurs, une période de transition intéressante à suivre.

Quelques fleurs correspondent à cette saison de mue. En forêt, l'aconit tue-loup (photo 1)suit la reine des bois; en espérant que son nom ne ravive pas un ancien usage de cette plante, aux propriétés prétendues mortelles. En lisière et en bordure de chemins, l'épilobe à feuilles étroites (photo 2). Et aussi le millepertuis perforé (photo 3), dont les feuilles paraissent trouées, alors que ce sont des glandes translucides qui donnent cette apparence, à contre-jour, mais pas toujours évidente. Dans un pâturage, quelques "lances" de gentiane jaune sont aussi en transition, de fleurs à graines (photo 4). Chaque années, j'ai l'impression que cette plante mythique des pâturages jurassiens est en diminution sur les hauteurs de la vallée de Delémont.

Dans les pâturages et prairies, le sol est crevassé par la sécheresse (photo 5). Le réchauffement climatique lézarde.


2 juillet 2025Delémont; Grioux - vieille ville

Magnifique spectacle météorologique dans le ciel: dès environ 21h, un gigantesque cumulonimbus (photo) se développe au-dessus du nord-est de la vallée (vu de ma terrasse) durant le coucher du soleil, durant plus d'une demi-heure. Le phénomène prend visuellement fin, lorsque le soleil ne l'éclaire plus... Selon la carte de MétéoSuisse, cette cellule orageuse est située à environ 35 km au nerd-est, au-dessus de Liestal.

Durant ce spectacle de la nature céleste, quatre cigognes blanches passent à proximité de mon "observatoire"...

A une heure plus tardive, hier soir, j'ai observé un autre phénomène lumineux: des femelles de ver luisant, dans des herbes, en lisière de forêt. Superbe!


29 juin 2025Courroux; Colliard - Grand Roc - Pierreberg

Matinée de fauche, dans le bas. Des milans noirs piaulent leur plaisir en suivant à faible hauteur la machine agricole; ils ont encore des jeunes à nourrir. Le temps "presse", dans à peine un mois ce sera déjà le moment de s'envoler au loin, vers le sud africain.

Au-dessus des champs de céréales, ce sont les hirondelles de cheminée qui chassent en frôlant les épis. D’acrobatiques va-et.vient.

En montant le sentier, quelques chants de pouillot véloce, plus ou moins relayés par ceux du pouillot de Bonelli. Les chants ne sont plus aussi abondants qu'au printemps. Et le gobemouche noir ne s'entend plus; occupé à d'autres fonctions.

Sur la crête, un étonnant champignon, à peine à l'écart du sentier: le satyre puant. Et effectivement son odeur est pour le moins repoussante, plutôt cadavérique. Mais quel tenue... Les latinistes ont été inspirés: phallus impudicus (photo 1). Honi soit qui mal y pense...

Au retour, par l'Envers, les vaches se tiennent à l'ombre (photo 2) pour atténuer la canicule. Mais, à l'écart des lisières de forêt, la recherche de couvert devient difficile. Beaucoup de grands frênes sont dépérissant dans les pâturages et prairies (photo 3), faute à la chalarose, une maladie provoquée par un micro-champignon. Cela entraîne aussi un changement du paysage.


23 juin 2025Delémont - Haute Borne

Sur un éperon rocheux, une incroyable abondance d'épipactis pourpre noirâtre (photo 1). Chaque année, cette orchidée mérite la grimpée.

Un pouillot siffleur et un pouillot de Bonelli chantent leur trille en alternance, comme pour se répondre. Il y a d'ailleurs une certaine similitude. Rigolo... Je suis dans le milieu du pouillot siffleur. Et aussi dans celui du petit sylvain (photo 2), un papillon pas si petit que ça.


20 juin 2025Courroux; Colliard - Grand Roc - Pierreberg

Partout, le parfum suave de tilleul, de la ville jusqu'aux crêtes. Les fleurs leur fragrance mythique, le farnesol, dont la synthèse zurichoise, il y a cent ans, révolutionna la chimie organique et la conception de parfums.

Un milan noir suit de près une faucheuse, à faible hauteur au-dessus; tactique de chasse. Une vipère traverse un sentier et se faufile sous une racine d'arbre, couverte de végétation. Plus loin, un chamois déambule sans hâte dans la forêt. Un solitaire.

Les pouillots véloces se font entendre partout, davantage que ces derniers temps, alors que les pouillots de Bonelli se font discrets. Une inversion sonore. Étonnant silence des gobemouches noirs, aux endroits où ils habitent depuis quelques semaines. Les jeunes sollicitent.

En terrain découvert, un faucon hobereau est en chasse; son vol louvoyant rappelle celui d'un martinet. Il y a une certaine similitude entre ces deux chasseurs d'insectes. Un autre faucon s'en va pour trouver du plus gros butin.

Dans une niche rocheuse, un massif de géranium herbe à Robert (photo). Un balcon à l'état sauvage. Accroche parfaite.

Pour finir, je reviens à l'eau. Une superbe scène de maman harle bièvre en leçon éducative avec ses neufs petits (photo). J'ai raté la balade, il y a quelques jours, lorsqu'ils étaient tous sur le dos de la mère.


17 juin 2025Delémont - Claude Chappuis -Haute Borne

Dans un pâturage encore assez sauvage, j'admire à quelques dizaines de mètres la grande gentiane jaune, dont plusieurs exemplaires sont en fleur depuis peu. Alors que je m’apprête à m'approcher pour une photo, je remarque une buse en train de creuser au sol. Je redouble d'attention: ce n'est pas une buse variable mais une bondrée apivore. Elle a trouvé un nid de guêpes ou d'abeilles; c'est là qu'elle prélève sa nourriture favorite. Je me retire.

C'est alors que je remarque à proximité deux pieds d'orchis, mais inhabituels: blancs (photos). Après examen, j'opte pour l'orchis pyramidal; une mutation blanche. Ma première pour cet orchis. Je consulte une connaissance, spécialiste d'orchidées (Vincent Boillat), qui confirme. Avec le commentaire: "Jolie découverte et pas très courante dans la région et même en Suisse". Après des recherches dans une banque de données, il complète: "En Suisse, il y a 26 données concernant Anacamptis pyramidalis f.albiblora. Pour le canton du Jura seulement deux données". Mon observation est donc la troisième jurassienne. Je suis ravi...


15 juin 2025Delémont - Béridier - Côte à Bépierre

Sortie avancée pour précéder le front orageux annoncé. Au point de vue de Béridier, "speed dating ornitho", durant environ 5 minutes (chronométrées au clocher de l'église avec les jumelles...). Espèces d'oiseaux observées, à l’ouïe ou à la vue, dans l'ordre apparition: pouillot de Bonelli, pouillot véloce, rougegporge, roitelet triple bandeau, troglodyte, corneille noire, merle, fauvette à tête noire, geai, buse variable, fauvette des jardins, gobemouche noir, pinson des arbres, pouillot fitis.

C'est un exercice intéressant, de courte durée, pour relever l'avifaune. Il mérite d'être pratiqué régulièrement, parfois aussi durant la même excursion, à différents sites.

Il y a une vingtaine d'années, j'avais encore indiqué sur un panneau du "Sentier Auguste Quiquerez", placé sur cette crête: "le peu fréquent pouillot siffleur". Mais je ne l'ai pas entendu durant mon point d'écoute.

Devant moi, une touffe de vipérine vulgaire (photo 1), qui met en perspective le panorama de la vallée. Je poursuis, avec l'attention plutôt "florale" sur un petit replat sec: platanthère à deux feuilles, céphalanthère rouge (photo 2), néottie nid d'oiseau. Sur le retour, en pleine forêt, un magnifique massif de lysimaque vulgaire (photo 3); remarquable. Puis, au bord du chemin, une belle surprise: la linaire vulgaire (photo 4), pas si quelconque que ça... Je ne sais pas si je dois me réjouir de cette "superbe", qui, dans mon mémento personnel, est depuis longtemps la première fleur de ... l'automne. Alors que le début de l'été astronomique est dans une semaine...

Plus tard, après l'orage prédit, une cigogne blanche passe au-dessus des toits de la ville.


13 juin 2025Delémont - Haute Borne

Journée estivale, 32°C selon MétéoSuisse, mais avec l'atmosphère encore chargée de particules de feux de forêt venant du Canada... Ambiance bizarre, Lumière laiteuse depuis 6 jours.

Peu après le début de la première crête, quelques digitales jaune marque le sentier (photo 1). Marque distinctive: les fleurs sont alignées d'un côté de la tige. Dès cette hauteur, alt. 600 m, les trilles du pouillot de Bonelli se font entendre. Plus haut sur la crête s’ajoutent les chants de trois pouillots siffleurs. Cela me réjouit, car ils sont très récemment arrivés sur ce site cette année, par rapport au prolongement de cette crête, où l'épipactis pourpre noirâtre (photo 2)fleurit en abondance.

A la Haute Borne, journée de foins et rendez-vous de milans, royaux et noirs. Tactique de charognard, ils survolent leur terrain de chasse privilégié, à la recherche de quelque campagnol blessé. Le milans noir n'est pourtant pas dans sont milieu ici, habituellement plutôt à proximité de l'eau. C'est peut-être simplement l'opportunité qui fait le larron...

Dans le vallon forestier du retour, la reine des bois (photo 3) borde le chemin en "haie d'honneur". Une inflorescence magnifique de délicatesse. En association avec la végétation du lieu: le troglodyte. Il trouve ici la mousse pour faire son nid, en forme boule. Trois jeunes sont à leurs premières séances d'entraînement de vol. Les distances sont courtes, 2 à 4 mètres. Et sitôt atterris, ils piaillent C'est presque incroyable que de si petits oiseaux soient capables de voler.


11 juin 2025Delémont - Haute Borne

Superbe sortie en soirée pour se terminer "entre chien et loup", vers minuit à l'heure du clocher. Une scène remarquable de chevreuils me retient longtemps et modifie mon plan initial: au milieu d'une prairie, une chevrette broute. Un grand mâle vient de la lisière et l'approche tranquillement, en broutant également. Puis trois autres mâle sortent successivement de la forêt environnante, et approchent le duo. Suivent alors de fantastiques courses poursuites, entre prétendants. Mais c'est le premier arrivé qui semble dominer. Certainement le début du rut, ce qui me paraît pourtant tôt dans la saison.

Cela me rappellent des poursuites de cerfs dans les Alpes. Mais je n'avais encore jamais observé pareille scène auparavant, impliquant cinq chevreuils. Un spectacle de plus d'une demi-heure; approximativement, je n'avais pas de montre...

9 juin 2025Courroux; Colliard - Grand Roc - Pierreberg

En marchant contre la bise, dans la forêt, je repère d'emblée le chant d'une fauvette des jardins, avant celui plus soutenu de fauvettes à tête noire. Plus haut, le pouillot de Benelli est omniprésent, le gobemouche noir donne aussi bien de la voix.

Mais je suis plutôt attentif du regard; ma deuxième paire d'yeux m'ayant signalé il y a quelques jours une fleur qui pouvait être intéressante. Et bingo ! Une céphalanthère rouge (photo 1) sur un talus ensoleillé. Magnifique d'élégance. La troisième céphalanthère, après la c. à longue feuille et la c. blanche (voir des observations précédentes, en direction de la Haute Borne). Je repère aussi de jeunes trembles. Autre indice de localisation: un pouillot siffleur chante au-dessus; une superbe association, mieux que dans les livres, sans évoquer les vidéos...

En poursuivant la marche, passant dans un milieu ombragé et humide, la flore change en conséquence. Mais l’élégance reste présente: platanthère à fleurs verdâtre (photo 2), orchis tacheté (photo 3).

Puis, en fin de parcours, en passant près de la roselière, le charabia: le croassement de grenouille verte s'ajoute au chant grinçant de rousserolle effarvatte.

L'atmosphère, pourtant claire mais très laiteuse, est bizarre. Toutefois, pas d'annonce de poussière saharienne. J'apprendrai plus tard, qu'il s'agit de particules de fumée provenant d'incendies de forêts au Canada.


8 juin 2025Delémont - Soyhières - Liesberg

Pour fuir un festival de VTT dans les forêts delémontaines, je poursuis mon exploration d'orchidées en prenant un peu de distance. Visite d'un pâturage sec que je connais depuis plus de cinquante ans. Il me paraît un peu moins maigre, mais la variété florale reste remarquable; en quelques minutes: gymnadenia moucheron (photo 1), orchis pyramidal (photo 2), ophrys abeille, ophrys bourdon (photo 3), orchis maculé, épipactis pourpre-noirâtre, platanthère à deux feuilles, genêt des teinturiers (photo 4), genêt ailé.

Botanique accompagné de chants de pouillot de Bonelli. Le pouillot véloce est étonnamment silencieux. Mais je suis pris par le vol en "parachute" d'un pipit des arbres (devenu rare), qui se pose très près de moi, en sautillant. Il cherche manifestement à m'attirer, je suis donc proche de son nid. Je quitte donc le site avec précaution.

Plus loin les milieux changent et la flore aussi: campanule agglomérée, campanule gantelée (photo5), campanule fausse raiponce. Et le coquelicot (photo 6) qu ne saurait passer inaperçu dans un champ de céréales. Deux chevreuils m'ont repérés, mais continuent de brouter, tout en étant attentifs à mes mouvements.


6 juin 2025Delémont - Haute Borne

Une montée en parcourant des milieux plutôt secs et rocailleux, l'oreille attentive aux chants de pouillots et l’œil à la recherche de quelque orchidée. Cela commence bien, sous un pin sylvestre, c'est là qu'il faut chercher celle que j'espérais, rare dans la région, la limodore à feuilles avortée (photo 1). Plus loin, la céphalanthère blanche (photo 2), puis la platanthère à deux feuilles (photo 3), que je détermine partiellement par son parfum, subtilement vanillé. Je suis sur une arête, deux pouillots siffleurs chantent; j’espérais cette rencontre dans ce milieu de forêt claire, typique pour ce siffleur.

A défaut des les voir dans les frondaisons, j'ai entendu les quatre espèces possibles de pouillots: véloce, de Bonelli, fitis et siffleur. Le plus présent, le pouillot de Bonelli. Alors que le pouillot véloce, habituellement omniprésent, est étonnamment discret. La mue a certainement commencé chez lui (pour rappel: à la fin de la période de reproduction, le plumage des oiseaux est renouvelé. Pour des raisons de changements hormonaux, les chants s’atténue durant cette période de mue).

A la Haute Borne, un milan royal vol en duo avec un milan noir. Étonnante association. Les ailes du royal sont partiellement déplumées; certainement une femelle, qui aura usé son plumage sur le nid. La mue sera bienvenue pour récupérer l'efficacité de sol vol.

Descente pas le vallon de Gentilpran. Deux plantes marquent ce milieu humide, dans sa partie forestière: la langue de cerf (photo 4 et 5) sur le versant nord, et la reine des bois (photo 6) en bordure du chemin. Ici, c'est le milieu du troglodyte mignon, et ça s'entend...


1er juin 2025Delémont - Haute Borne

Plusieurs buses tournoient au-dessus de la ville en début de matinée, dont des jeunes, certainement à leurs premières leçons de vol. Ailleurs, des milans, surtout royaux, sont nombreux à être attirés par les fauchages (dans la vallée, des cigognes blanches s'en mêlent également cette année...). A la Haute Borne, je suis surpris de la présence continue, depuis deux mois, de deux milans noirs; étonnant dans ce milieu, pour un oiseau plutôt attiré par l'eau.

De nouveaux arrivants dans la flore. La belladone (photo 1) prépare abondamment ses baies. En une semaine, la céphalanthère blanche (photo 2) a "explosé"; j'en compte près de vingt alignées sur moins de cent mètres. Juin, mois des orchidées... Il y aura de belles choses à voir ces prochaines semaines.


31 mai 2025Courroux; Colliard - Grand Roc - Pierreberg

En parcourant la crête et les deux versants, en ayant en tête l’érable à feuilles d'obier, je suis frappé par l'abondance de jeunes ormes, arbres condamnés par un champignon il y a quelques années. Autour du Roc, trois pouillots siffleurs chantent à environ 100 m d'intervalle. Ils sont sur ces trois territoires depuis leur retour de migration; fidèles. Le pouillot de Bonelli est présent en nombre.

Dans le bas du Colliard, les pies-grièches écorcheurs sont en chasse d'insectes; au moins trois mâles se repèrent facilement, perchés au sommet de buissons. A l'inverse, invisibles dans la roselière, les rousserolles effarvattes sont nettement plus nombreuses à égrener leur chant rauque, formé de brefs motifs répétés.

28 mai 2025Delémont - Haute Borne

Après la pluie, sortie en soirée avec retour nocturne. Une demi-heure après avoir quitté la ville, un chuintement de chouette effraie, au même endroit où je l'avais déjà observée le 9 avril dernier; précieux carnet de terrain... Et les observations s'enchaînent: un chevreuil mâle dans une prairie, plus loin une femelle broute, puis un renard louvoie dans un pré en chassant, un chevreuil aboie dans la forêt. Des jeunes hiboux moyens-duc appellent pour indiquer leur position aux parents; ils crient famine...

Et ce n'est pas fini. Après plus de deux heures de marche et d'observation, j'entrevois un chat sauvage, sur l'un des sites que suis depuis quelques années. Nous nous connaissons. Malgré cela, il sa tapis de toute sa longueur dans le pré. Je passe mon chemin pour ne pas le faire fuir et pour qu'il puisse poursuivre son affut. La faible lueur crépusculaire est à peine suffisante pour faire une esquisse sommaire.

Une soirée de bonheur.


25 mai 2025Delémont - Haute Borne

Depuis quelques semaines, avec le retour des derniers migrateurs, l'observation des oiseaux est passionnante. Dans la forêt, quatre espèces de pouillot chantent à nouveau: pouillot véloce, pouillot de Bonelli (abondant), pouillot siffleur (par-ci par-là sur les crêtes), pouillot fitis (un revenant...). Parfois les quatre dans un petit espace, où une orchidée, la néottie nid d'oiseau, se remarque à peine (photo 1). Dans les mêmes milieux, les houx fleurissent abondamment (photo 2).

Sur le site de Domont, au moins trois couples de pie-grièche écorcheur occupent des fourrés et haies, où les églantiers (photo 3) et la viorne obier (photo 4; où la couronne de fausses fleurs se remarque plus que les vrais fleurs centrales)) fleurissent. Belle abondance de l'empaleur d'insectes; ce n'est pas chaque année le cas.

Et partout, surtout dans les forêts au-dessus de 600 m d'altitude, jusqu'à près de 1000 m, la densité de gobemouche noir me ravit cette année (photo 5, de Salvatore Scarnera), surtout aux alentours de la Haute Borne, et aussi sur la crête du Roc de Courroux.

Un grand orvet traverse le chemin de combe (photo 6). Je n'en vois pas souvent, mais cela ne dit rien sur leur abondance, c'est moi qui ai l’œil ailleurs que devant mes pieds...

Passage d'une vingtaine de cigognes blanches au-dessus de la vallée, d'ouest vers l'est. Puis encore cinq. Depuis mon observation du 27 mars, je vois régulièrement des cigognes regroupées dans la vallée.


18 mai 2025Delémont

Une brève sortie ciblée, dans la série "ornithologie urbaine". L'observation du 13 mai m'a rappelé que je connaissais d'autres habitats d'hirondelles en ville, en particulier dans un parcours de naguère, entre rue Franche et Colliard. J'y retourne.

A l'approche des rues en question, j’aperçois des hirondelles de fenêtre qui tournoient inlassablement autour de locatifs. Cris incessants. Magnifique ! Une superbe colonie s'étend sur trois rues parallèles, avec plus d'une cinquantaine de nids occupés, sous des avant-toits de locatifs des années 80 à 90 (voir photos). Les adultes sont affairés à chasser des insectes et à nourrir les jeunes dans les nids, naturels, en majorité, ou artificiels.

C'est nettement la plus grande colonie urbaine d'hirondelle de fenêtre que je connaisse à Delémont; entre colonie regroupée et dispersée. Très particulier à cet endroit, loin de toute ferme. Et aussi par la proportion de nids naturels. Un enchantement.


17 mai 2025Courroux: Colliard

Très sympathique et intéressante sortie d’après-midi en groupe (neuf), en observant l’avifaune du Colliard, après le retour des derniers oiseaux migrateurs. Les espèces vues et/ou entendues, dans l’ordre approximatif de leur observation, selon ma mémoire :

fauvette à tête noire, pouillot véloce, pinson des arbres, mésange bleue, grive musicienne, merle noir, grimpereau des jardins, pic épeiche, pie-grièche écorcheur, corneille noire, bruant jaune, geai des chênes, pigeon domestique, moineau sp., rousserolle effarvatte, buse variable, étourneau, troglodyte, rougegorge, bergeronnette grise, Vingt espèces, c’est assez remarquable. Merci à toutes les personnes pour leur contribution active et leur attention.

Parmi ces oiseaux, certains sont typiques du milieu dans lequel nous les avons observés, notamment : pic épeiche pour la forêt, pie-grièche écorcheur pour un milieu ouvert avec haies, rousserolle effarvatte pour la roselière. A relever la très belle observation du couple de pie-grièche écorcheur, avec un comportement de parade nuptiale du mâle offrant un insecte à la femelle.

En deux heures et demie, nous avons ainsi observé et commenté une vingtaine d’espèces, faisant partie de l’avifaune de ce site diversifié, pour cette saison. Et une dizaine d'espèces, trop furtivement observées pour être portées sur la liste. Aussi quelques commentaires sur des arbres, dont le frêne (J-P. Sorg). Une sortie très profitable.

Vous pouvez suivre mes observations faites dans la région, sur ce site internet, dans la rubrique « Observations », sous « Nature ». Mise à jour régulière.

Dans la rubrique « Agenda », vous trouverez mes excursions ouvertes au public (env. 5-7 personnes). Certaines excursions, souvent en soirée du mercredi, sont annoncées à brève échéance, un ou deux jours avant, en fonction des prévisions météo et de mes disponibilités.

Je propose aussi des innovations, avec de nouvelles formes ou de nouveaux thèmes d’excursion ; voir à la rubrique « Actualité », la mention du 14 mai.

Vous pouvez me contacter par courriel ( peter.anker@bluewin.ch ), pour vos questions, remarque, intérêt particulier, etc.

15 mai 2025Courroux; Colliard - Grand Roc - Pierreberg

Magnifique sortie, notamment à la découverte des pouillots; et "carton plein", ce qui ne s'était plus produit depuis plusieurs années. Pouillot véloce, pouillot de Bonelli, pouillot siffleur (récemment arrivé de migration) et pouillot fitis (rare depuis de nombreuses années); ils sont tous là. Fantastique ! Un grand moment de bonheur pour l'ornithologue.

Mais à cette période, les nerveux pouillots ne se voient guère que furtivement, donc inutile d'essayer de les déterminer à la vue... Ils se ressemblent tous; impossible de distinguer un pouillot de Bonelli (photo 1; de Salvatore Scarnera) des autres dans la forêt en feuilles (photo 2). D’autant plus qu'ils ressemblent tous à une feuille de hêtre... Heureusement, il y a les chants qui les caractérisent.

Dans le sous-bois clair, quelques taches luisantes: l'asaret d'Europe. Il faut soulever ... ses feuilles pour trouver sa modeste fleur, unique (photo 3).


14 mai 2025Delémont

Hier soir, c'était une sortie d’ornithologie urbaine, avec deux buts précis, dont la visite d'une ancienne colonie d'hirondelle de fenêtre, dans ce qui ressemble à une friche industrielle, sur le site des Rondez. Et belle surprise, une vingtaine d'hirondelles volent inlassablement devant l'avant-toit de l'ancienne briqueterie, en nourrissant furtivement les jeunes dans les nids naturels, construits contre les poutres. La hauteur des tas de fientes, indique que cette colonie est active depuis plusieurs dizaines d'années (photo).

Un peu plus au sud, à la tête du puits de mine, magnifiquement restaurée, un couple de faucon crécerelle nourrit les jeunes dans un nichoir, aménagé il y a une cinquantaine d'année...

Ce soir, sortie au-dessus de la ville. Et magnifique surprise: au moins deux pouillots fitis chantent dans des fourrés, au bord de la route menant à la Haute Borne. Cet oiseaux était courant il y a plus de vingt-trente ans, à Delémont et en Suisse, puis il a presque disparu. Un signe de reprise à suivre. Mais exclu de distinguer à la vue le pouillot fitis du véloce, voire des autres pouillots; il n'y a que le chant qui permet la détermination assurée.


11 mai 2025Delémont - Claude Chappuis -Haute Borne

Les milans, royaux et noirs, tournoient au-dessus des prairies fraichement fauchées, à la recherche de leur pitance. La présence du milan noir est un peu étonnante sur le plateau de la Haute Borne; ce n'est pas vraiment son milieu, pourtant je l'observe régulièrement ici, durant la période de reproduction.

Parade nuptiale d'un couple de pie-grièche écorcheur; magnifique spectacle, très beaucoup de variations. A l'ombre, au bord d'un chemin, l'accouplement de deux escargots est nettement moins animé... (photo). Alors que dans un passage rocheux, un couple de bergeronnette des ruisseaux est affairé au nourrissage des jeunes, au nid.

L'abondance et la taille de la céphalanthère à longue feuille (photo), élégante orchidée blanche, me frappe cette année, dans les forêts claires de versants sud.


10 mai 2025Delémont

Excursion stationnaire: j'ai innové avec une nouvelle approche pour découvrir l'avifaune de proximité, en me mettant à disposition des personnes, comme "ornithologue itinérant", pour les assister chez elles dans l'observation des oiseaux de leur jardin ou de leur entourage. Un complément à l'action "Oiseaux de vos jardins".

Du 1er au 10 mai, je me suis rendu à neuf domiciles, après avoir été contacté par les personnes intéressées, qui avaient lu ma proposition à l'Agenda de mon site internet. Le temps d'observation ne dépassait pas une heure, parfois sous forme très sympathique de "Café ornitho" ou d'"Apéro ornitho". J'ai aussi expérimenté, dans deux cas, une formule condensée d'environ vingt minutes, que j'ai intitulée "Speed dating ornithologique".

Ci-dessous la liste des espèces presque partout observées, en maximum une heure; 26 espèces, c'est remarquable pour de petits espaces en ville. Avec un oiseau typique, le rougequeue noir ((photo de Salvatore Scarnera).

Martinet noir, Milan royal, Bergeronnette grise, Rougequeue noir, Rougegorge, Merle noir, Sittelle, Grimpereau des jardins, Troglodyte, Mésange charbonnière, Mésange bleue, Pouillot véloce, Fauvette à tête noire, Fauvette des jardins, Moineau domestique, Pinson des arbres, Verdier, Chardonneret, Serin, Pie bavarde, Étourneau sansonnet, Tourterelle turque, Pigeon ramier, Pigeon domestique, Choucas, Corneille,


9 mai 2025Delémont - Haute Borne

Excellente sortie, à tous points de vue. Les derniers oiseaux migrateurs sont arrivés durant la semaine; j'étais attentif surtout à eux: quelques pouillots siffleurs (deux ou trois), font entendre leur trille caractéristique dans un espace de hêtraie clairsemée, alors qu'un couple de pie-grièche écorcheur occupe un petit fourré de buissons. Je suis ravi, je les attendais.

Dans la forêt, je suis encore surpris de la densité de pouillots de Bonelli et de gobemouches noirs. A suivre, car cela me paraît particulier cette année.

Dans un pâturage des hauteurs, trois touffes dispersées de narcisse en fleur (photo 1); c'est de saison. En bordure de crête, un fracas rocheux est jauni par un couvert buissonnant d'hippocrépide émérus (photo 2). Sur une roche, une pousse insignifiante de pin sylvestre retient mon attention (photo 3) pour le contraste, alors qu'au-dessus les pins adultes dispersent leur pollen dans la bise. Au bord d'un ruisseau, le populage des marais donne dans le gigantisme; quelques spécimens fleureissent à près de 80 cm de hauteur (photo 4). A proximité, la belle julienne des dames (photo 5) abonde; elle prendra cet automne des allures de "monnaie de pape". Décidément...


6 mai 2025Delémont

Un faucon pèlerin quitte la tour de l’Église en vol rectiligne vers son lieu de nidification; une partie du repas matinal dans les serres.

Plus tard, après un relevé "ornitho", je m'intéresse à la flore, et remarque à peine l'étonnante néottie nid d'oiseau, une orchidée parasite (photo 1). A proximité, l'"étoile de mai", l'aspérule odorante se repère facilement, aussi à son parfum (photo 2). En lisière, l'aubépine, ou épine blanche, succède à ... l'épine noire (photo 3). A ses pieds, la bugle rampante passe trop souvent inaperçue (photo 4).


1er mai 2025Delémont - Claude Chappuis -Haute Borne

Concert de chants d'oiseaux. Les fauvettes à tête noires sont abondantes cette année. Un ami ornithologue, Salvatore, observe le même phénomène aux alentours de Genève.

Ce printemps me paraît faste pour les orchidées. Depuis un mois l'orchis mâle est en fleur à près de 1000 m d'altitude, en lisière de forêt (photo 1, un spécimen particulièrement "élevé"). La céphalanthère à longues feuilles se montre pour la première fois cette année, en forêt (photo 2 et 3). Dans un pâturage à moutons, de grandes feuilles laissent difficilement supposer qu'elles font suite aux fleurs de colchique d'automne, ... de l'automne passé (photo 4).


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