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DateLieuObservation et photos
19 juillet 2026Delémont - Claude Chappuis -Haute Borne

Le grand calme de la mue des oiseaux sévit dans ce grand massif, essentiellement boisé, que je parcours durant près de cinq heures. Même pas un "silp-salp" de pouillot véloce. Si le silence est d'or, alors la forêt héberge des fortunes en cette période...

Sur la crête rurale, entre le Sommet et la Haute Borne, un impressionnant bal continu en rase motte d’une nuée de martinets noirs. Certains passent à moins de deux mètres de moi, le frottement de l’air s’entend, malgré le parfait aérodynamisme de ces magiciens du ciel.

Passage de deux milans noirs, certainement déjà en migration. Plus au Nord, quelques cigognes blanches tournoient sur des champs ; une troupe en escale.

Surprise à mes pieds, un grand crapaud commun ; que fait-il ici, à près de mille mètres d’altitude et, surtout, loin de tout point d’eau ? Lui aussi en migration…

En descendant, une forte odeur de menthol ; la menthe à longues feuilles (photo 1 et 2) est abondante ici, en bordure du chemin. Malgré son parfum, inappropriée en tisane, en raison de sa forte teneur en tannins.

Dans le pâturage proche, une bande de chardonnerets égrènent les cirses et les chardons. Des papillons oranges, au nom surprenant de tabac d’Espagne, butinent plutôt sur des scabieuses (photo 3).


16 juillet 2026Delémont - Colliard - Roc Courroux - Vadry - Pierreberg

Au moment de quitter la vieille ville, j’aperçois un milan noir traverser haut dans le ciel ; sa trajectoire parait décidée, son orientation est d’Est en Ouest ; pas de doute, c’est un premier migrateur. Tous les indices correspondent.

A peine dans la forêt, je perçois un nouveau parfum. Et le sol est mouillé ; événement rare depuis ce printemps. La pluie orageuse tant attendue d’hier soir a changé l’odeur de la forêt. Le parfum de pétrichor remplace ce matin l’émanation de poussière. Après une période de sécheresse, la première pluie libère des sécrétions huileuses, notamment d’hormones, déposées par la végétation sur le sol et les roches. Dans le langage populaire : « ça sent la pluie ! ».

Sur le sol forestier, ce sont aussi ajoutés des feuilles vertes ou jaunissantes (photo 1), surtout de hêtre, et des branches cassées comme effet secondaire de la sécheresse caniculaire. Et, observation nouvelle, des aiguilles de sapin blanc, elles aussi vertes, jonchent le sol…

Sur sept points d’écoute d’une minute chacun, quatre se distinguaient par le silence des oiseaux, et trois à peine par quelques « puit » de pinson et d’autres « tschip » de merles, ceux-ci souvent affairé à remuer des feuilles au sol. La mue est encore à l'oeuvre. Deux chamois, dont l’un en robe très claire, alertent en chuintant par les naseaux ; surprise et contraste dans le calme.

En contrebas de la falaise du Grand Roc, incessants va-et-vient d’hirondelles de rochers. 

Au pied du versant forestier, une maigre source, mais suintant un peu d’eau, malgré la sécheresse, quelques tiges fleuries d épilobe hérissé (photo 2) En bordure de chemin, je reste impressionné par le bleu céruléen de la chicorée sauvage (photo 3 et 4). Ce pigment (cœruleum) ne saurait manquer dans ma boite d’aquarelle… 


15 juillet 2026Delémont; Grioux - vieille ville

Un orage se prépare. Une étrange lumière sombre s’installe, alors que les martinets noirs dansent, haut, dans le ciel du soir. Un faucon hobereau passe au-dessus des arbres ; vol rapide mais indécis, à la manière des insectivores, entre hirondelle martinet et chauve-souris.

Un milan noir survole lentement les jardins à hauteur des toits, sans un mouvement d’aile, seule sa queue pivote légèrement pour orienter sa trajectoire. Certainement à la recherche d’une dernière proie. Il vire, c’est alors que j’aperçois que son aile gauche est défaillante ; le mue devra encore combler cet ajour avant le départ vers l’Afrique équatoriale, qui approche pour ce migrateur précoce. Son plumage devra être impeccable pour être efficace.

A peine disparu entre les maisons, surgit de nulle part une cigogne blanche ; peut-être l’une de celles qui ont déjà passé une nuit en ville, il y a peu (12-13 juillet). Après quelques manœuvres d’approche, elle se pose sur une cheminée, en face.

L’orage éclate soudainement : rafales de vent et grosse pluie, mais de courte durée. Mais se déroule alors un impressionnant spectacle « son et lumière » durant près de trois heures ; billet offert.

14 juillet 2026Delémont - Colliard - Roc Courroux - Vadry - Pierreberg

Au-dessus d’un massif d’épilobes à feuilles étroites (photo 1) une bande de sangliers fouillent le sol au pied d’une rocher. J’espère qu’ils se déplacent à bonne vue pour une esquisse, mais ce ne sera pas le cas. Ils disparaissent dans le sous-bois, dense de ronces, et se « tassent ».

Des milans royaux chassent au-dessus des champs moissonnés. Pas de milans noirs. Leur migration approche. Donc dès maintenant, toute observation de ceux-.ci mérite d’être relevée.

Les tonalités ocre domine le paysage de plaine (photo 2 ; la signature des champs brulés par la canicule et assoiffés par la sécheresse. L’herbe ne pousse plus, les cutures « végètent ». Pour le pique-nique, grillades interdites (photo 3) …


13 juillet 2026Delémont; Grioux - vieille ville

Ornithologie de proximité : hier soir, vers 22h, deux cigognes blanches se posent sur le toit de l’Hôtel de ville, en face de chez moi. Une troisième passe, sans se poser ici, mais à proximité. Ce matin, à 5h, les deux « sentinelles » sont encore là, sans déplacement (photo 1 à 4). Envol vers 6h et c’est finalement une vingtaine de cigognes qui tournoient au-dessus, avant de se diriger vers le sud-ouest.

Premier café, puis, le nez en l’air, je parcours du regard les faîtes de la vieille ville pour repérer les lieux d’escale. Les cigognes ont laissé des indices… (photo 5).

La migration postnuptiale est lancée. Les cigognes blanches sont parmi les premières à mettre le cap vers le sud lointain.


12 juillet 2026Delémont - Colliard - Roc Courroux - Vadry - Pierreberg

La canicule et la sécheresse perdurent. En plus du sol jonché de feuilles vertes asséchées, surtout de hêtre, mais aussi de charme, chêne, érable champêtre, sycomore, des branches cassent maintenant aussi (photo 1, hêtre), sous l’effet de la sécheresse (voir mon billet du 11 juillet, à la rubrique « Actualité »). Des arbres jaunissent, à l’instar d’un imposant tilleul à larges feuilles, pourtant sur l’Envers (photo 2).

Même des fleurs sèchent sur tige : j’ai été frappé par des exemplaires de campanule gantelée, avec les fleurs bleues, mais sèches (photo 3). Impressionnant !

Un pied d’épipactis à larges feuilles s’est bien développé en deux jours (photo 4 et 5) ; il avait reçu un peu d’eau providentielle de la main d’une bonne âme… Sur un même terrain caillouteux, une molène thapsus, ou bouillon blanc, me regarde de haut (photo 6).

Quelques très rares notes d’oiseaux dans le silence matinal de la forêt : pouillot de Bonelli, pouillot véloce, pinson, fauvette à tête noire. La mue cloue les becs… Contraste agréable avec les doux flutés mélancoliques de deux bouvreuils.

Cris incessants d’un jeune faucon le long de la crête ; lui n’est pas soumis aux contraintes hormonales de la mue, son plumage est neuf.


10 juillet 2026Delémont - Colliard - Roc Courroux - Vadry - Pierreberg

Des blés sont moissonnés. Plusieurs milans royaux tournoient au-dessus du champ, les yeux rivés sur d’éventuelles proies mises à jour. Quelques piaulements. Deux d’entre eux ont leur plumage encore défait, surtout la queue ; la mue en cours arrangera ça. Mais je relève l’absence de milan noir ; pour lui, la migration est déjà à l’ordre du jour.

Dans les pâturages, les génisses se mettent à l’ombre des arbres (photo 1), lorsqu’il y en a… Le bétail souffre du chaud.

En forêt c’est le calme presqu’absolu, les oiseaux réduits au silence. Pour rappel, durant cette période d’après nidification, le plumage des adultes, malmené sur les nids, doit être renouvelé ; c’est la période de la mue durant l’été. Pendant ce temps, les oiseaux sont presque muets, pour des raison hormonales et énergétiques.

La sécheresse et la chaleur sévissent aussi sur la crête. Trois pieds d’épipactis pourpre noirâtre en souffrent, leur développement est en panne (photo 2) ; triste mine. Heureusement, un peu plus loin, un exemplaire d'épipactis à larges feuilles est moins exposé au soleil et mieux portant (photo 3). Une belle orchidée d’été. A l’ombre, le sentier forestier est bordé depuis quelques semaines de la délicate campanule à feuilles rondes (photo 4).

Bal d’hirondelles de rochers devant la grande falaise ; quelques faibles cris. Elles nourrissent encore les jeunes dans les nids, aménagés dans les cavités et fissures naturelles. Un grand plaisir de voir ce lien ancestral entre oiseau et son habitat ancestral. Pourtant, les prédateurs ne sont pas absents ici.


10 juillet 2026Delémont; Grioux - vieille ville

Soudaine agitation matinale inhabituelle chez les oiseaux: en fauteur de trouble, un autour passe en vol, à hauteur des toits. Quelque moineau ou mieux pigeon ferait certainement son affaire pour un petit déjeuner…

9 juillet 2026Delémont

Une centaine de choucas des tours défilent en rang dispersé à l’ouest de la ville, peu après le coucher du soleil. Un spectacle étonnant à cette saison, qui fait plutôt partie de l’animation des crépuscules d’automne et d’hiver.

6 juillet 2026Delémont - Colliard - Roc Courroux - Vadry - Pierreberg

Grand calme dans la forêt : à peine quelques notes sautillantes de pouillot véloce et des bribes de trille du pouillot de Bonelli, pourtant abondants ici, sur le versant et la crête. Aucun son de grive musicienne, de draine, de gobemouche noir, de grimpereau des jardins. Manifestement, la mue, qui chamboule les hormones, est en cours ; c’est de saison. La mue reforme le plumage, mais réduit les oiseaux au silence.

Par contre, la « mue » des arbres, elle, n’est pas de saison. Des feuilles tombent régulièrement des frondaisons, surtout de hêtres, de chênes et d’érable. Ce qui est frappant, c’est qu’elles sont vertes, et partiellement déshydratées. Par endroit, dans la forêt, je marche sur un parterre de feuilles vertes (photo) ; sensation bizarre. Effet cumulé de la sécheresse et de la chaleur; dans ces conditions, pour limiter l'évaporation, les arbres se délestent de fuilles encore vertes, et parfois même de branches, ce que j'ai aussi observé. Donc prudence en forêt, et plus généralement sous les arbres...

Par ailleurs, la couleur verte des feuilles "larguées"signifie que les composants chimiques de la chlorophylle n’ont pas été fractionnés pour être récupérés par la sève, selon le processus qui se déroule habituellement en automne. Ces arbres vont souffrir.

Dans un paturage, un lièvre déambule deci, delà, se pose puis repart, ses grandes oreilles dressées, apparemment sans me remarquer (esquisse). J'en vois régulièrement dans mes sorties, à toute heure, souvent aux mêmes endroits; des fidèles.


5 juillet 2026Delémont - Hohe Winde - Scheulte

Longue escapade à l’extrémité est de la vallée : la Hohe Winde offre une vue saisissante, tout alentour (voir mon livre « Calligraphie de montagne » : vers le Sud (photo 1), le Nord (photo 2), l’Ouest (photo 3; vallée de Delémont à l’arrière-plan des gentianes jaunes…), vers l’Est, jusqu’au Säntis (photo 4). 

Pour le bétail, l’herbe se fait maigre de sécheresse. Les gentianes jaunes ont été broutées. Le lis martagon sont déjà en fruit.

Ici, le plaisir d’entendre et de voir (pas toujours facile) deux espèces d’oiseaux, que je n’observe pas souvent sur d’autres hauteurs de la vallée : le pipit des arbres et l’alouette lulu.

Mais le spectacle qui l’emporte aujourd’hui chez les oiseaux, c’est un bal d’une trentaine de milans ; une vingtaine de royaux et une dizaine de noirs. Ces derniers se préparent à migrer. Et en arrière-fond, le ciel offre d’étonnantes formations nuageuses, avec des superpositions de fronts d'altitude (photo 5).


5 juillet 2026Delémont; Grioux - vieille ville

Ce matin, à l’heure du premier café sur la terrasse-trottoir improvisée devant chez moi, à l’ombre de la chaleur, une étonnante créature gesticule sur le dos, au sol (photo 1) : un lucane cerf-volant, mâle. Remis sur ses pattes, il reste sur le pavé (photo 2 et 3). Imposant insecte, d’une longueur de 6 cm ! Il aura peut-être échoué ici, épuisé, par le vol. Je l’emmène au pied d’un chêne, un milieu plus adéquat…

De l’autre côté de ma maison, une grenouille verte croasse dans l’étang du jardin. Ambiance garantie. Et elle non plus, je ne sais pas comment elle est arrivée là-


3 juillet 2026Delémont - Claude Chappuis -Haute Borne

Au-dessus des prairies et pâturages du Sommet, des milans royaux et des milans noirs tournoient en cherchant leur pitance. Certains plumages de « royaux » sont encore défaits, la mue inachevée. Chez les noirs, cela semble plus abouti ; bientôt prêt pour la grande migration. Déjà… Une femelle de faucon crécerelle est à l’affut ; autre méthode de chasse (photo 1).

En lisière de forêt, après le sureau noir, le sureau yèble est en fleur (photo 2 et 3). ; à ne pas confondre. Le second contient des substances toxiques.

Dans la forêt du vallon de Gentlpran, quelques hêtres versés (photo 4), pourtant l’orage de cette semaine n’était pas très violent, par contre la sécheresse sévit. D’autres affichent une abondance de faines (photo 5) ; c’est prometteur pour nourrir les pinsons cet hivers, aussi les pinsons du Nord.


30 juin 2026Delémont - Colliard - Roc Courroux - Vadry - Pierreberg

En parcourant le Colliard du bas vers le haut, les chants de deux oiseaux typiques de ces milieux différents marquent le fond sonore : les notes monotones du bruant jaune dans le paysage ouvert du bas, les trilles rapides du pouillot de Bonelli dans le couvert forestier du haut.

En observant un vol de choucas au loin, j’observe des portions de forêt déjà jaunissantes de part et d’autre de la ruine du Vorbourg et en direction de Béridier (photo prise du Colliard) ; répercussion de l’effet combiné de la canicule et de la sécheresse ; la chlorophylle se retire déjà… Si cela se prolonge. il pourrait y avoir des dégâts, notamment chez les hêtres.

Cris éloigné d’un jeune faucon pèlerin. Ce matin, devant chez moi, une famille de faucon crécerelle, les parents et deux jeunes, donnaient bruyamment de la voix en poursuivant un milan noir, toutes serres dehors. Il y avait conflit…


28 juin 2026Delémont - Colliard - Roc Courroux - Vadry - Pierreberg

La vague de chaleur poursuit sa domination ; depuis deux semaines, entre 34 et 36°C. Hier, le record de 38.2°C, à Delémont, selon MétéoSuisse. J’avance en conséquence mon heure d’exploration. Et, outre la fraicheur toute relative, j’observe dès mon arrivée la rareté ornithologique de l’année, au Colliard : l’hypolaïs polyglotte (photo 1, de Salvatore S.). Son chant retentit depuis ce printemps, effectivement varié à souhait. Un régal. Et avec sa couleur jaune vif, il se repère facilement lorsqu’il est perché pour chanter, ou même dans le feuillage. 

Plus haut, dans la forêt, le pouillot véloce et le pouillot de Bonelli font triste figure avec leurs monotones répétitions mono- ou bisyllabiques. D’autres cris typiques, à faible hauteur dans les branches, orientent mon regard : une famille de grobec et deux autres de bouvreuil. Leçon de recherche de nourriture. Biemtôt les jeunes devront être autonomes.

En bordure de chemin, la reine des prés (photo 2) succède à la reine des bois (photo 3); odeur vanillée évidente. Dans les ronces, fruit déjà rougissant de gouet tacheté (photo 4), en phase de transition.


26 juin 2026Delémont - Colliard - Roc Courroux - Vadry - Pierreberg

Beau et très chaud. Très calme dans la forêt, mise sous une chape de plomb. Les oiseaux, en ce moment, entre mue et fièvre… Pour un peu documenter ce mutisme, je fais deux points d’écoute sur la crête, le premier à l’ouest du Roc, le second à l’est. Maigres relevés des chants entendus, durant une minute, montre en main (c’est l’utilité de ma montre-chronomètre…) :

  • pouillots de Bonelli, 1 pinson des arbres, 1 fauvette à tête noire, et une ambulance au loin,
  • 2 pouillots véloces, 1 troglodyte, 1 grand corbeau, 1 bouvreuil.

Ces deux relevés indiquent aussi que les milieux sont différents.

En prenant une photo, à genou, d’un sceau de Salomon multiflore avec son chapelet de baies (photo 1), je sens une tenace odeur fétide ; pas de doute sur l’origine : le satyre puant, dont je trouve un pieds à quelques mètres ( photo 2). Ce champignon diffuse deux substances soufrées ; indéniables signatures. Les composants soufrés sont souvent nauséabonds. Il y a deux mois, c’était l’orchis à odeur de bouc (photo 3) ; les parfums de la nature ne sont pas tous aguicheurs.


25 juin 2026Delémont; Grioux - vieille ville

Tous les soirs, depuis deux semaines, ballet aérien d’une septantaine de martinets noirs, rehausser de cris joyeux ; certainement des jeunes d’une ou deux années.

Et un parfum suave embaume le quartier : les grands tilleuls de la rue de la Molière sont en fleur ; leur parfum est unique.

23 juin 2026Delémont - Haute Borne

Encore une journée caniculaire, entre 34 et 35°C à Delémont, selon MétéoSuisse. Le calme règne en forêt ; frappant. Les oiseaux muets dans la chaleur et aussi par le début de la mue ; chamboulement hormonal. Les quelques chanteurs se font remarquer : pouillot véloce, pouillot de Bonelli, pinson des arbres, verdier. Et je repère avec plaisir un rare pouillot siffleur, sur une crête.

Sur le pâturage, proche de « la butte » des hauteurs, plusieurs pieds de la grande gentiane jaune (photo 1 et 2). Réapparition précaire ici de cette plante légendaire du Jura. Elle fournit de précieuses graines à des migrateurs d’automne, surtout aux chardonnerets et aux rares traquets motteux, régulièrement de passage en ce lieu. A proximité, une autre « jaune » typique : l’aigremoine eupatoire (photo 3), Elle, qui ne saurait manquer dans aucune tisane d’hiver.

En contrebas, sur une une arête rocheuse, un bon repère pour l'épipactis pourpre noirâtre (photo 4); une orchdée liée à ce lieu sec, dont la floraison s'essoufle.


21 juin 2026Delémont - Haute Borne

Les piaulements interfèrent, assez semblables : milans royaux et milans noirs. Les jeunes sont en phase d’apprentissage, de vol et de chasse, au-dessus des prairies de la crête. Dans la forêt, les jeunes passereaux sont nombreux à être aussi à l’école, malgré la vague de chaleur caniculaire. Je passe notamment du temps à observer une famille de mésange à longue queue ; les jeunes apprennent à chercher de petits insectes, surtout sur les feuilles et aiguilles. Intense activité.

Et j’entends enfin un pouillot siffleur dans ce massif forestier « Chaive - Haute Borne ». ; le premier et le seul ici jusqu’à présent. La forte diminution de population, observée en Suisse, frappe aussi la région, qui me paraissait épargnée jusqu’à l’année passée. A suivre…

Nombreux papillons, dont la Belle Dame (photo 1), très présente sur les fleurs de ronce. Certains houx sont pleins de baies, évidemment encore vertes (photo 2) ; rougissement en préparation pour l’automne-hiver. Le rouge, lui, domine en lisière avec un lumineux massif de coquelicot (photo 3).


14 juin 2026Delémont - Haute Borne

Sortie vespérale, durant la descente du soleil. Superbe lieu d’observation, sur « la » Butte, au « point 892 », notamment pour les couchers de soleil (photo 1), mais pas uniquement… Même pour certaines orchidées ; en ce moment l’orchis pyramidal est en fleur (photo 2)

Bal de milans au-dessus des pairies fauchées ou pâturées ; mais ils ne sont pas tous royaux, il y a aussi des noirs (photo 3, de Salvatore S.). Eux aussi niche sur ces hauteurs, donc à distance des cours d’eau, leur milieu habituel. 

Autour de la ferme, va-et-vient incessant d’hirondelles de fenêtre, qui nichent sous le grand avant-toit (photo 4). Et parmi elles, aussi quelques hirondelles de cheminée ; autre habitat ancestral, elles nichent dans l’étable.


12 juin 2026Delémont - Colliard - Roc Courroux - Vadry - Pierreberg

Temps gris, presque frais. Les oiseaux sont calmes. Ceux que j’entends le plus, dans l’ordre décroissant : pouillot de Bonelli, pouillot siffleur, pinson, fauvette à tête noire, grive musicienne. Et une famille de grand corbeau, manifestement à l’entrainement. Bientôt ce sera encore plus silencieux : la mue est en préparation.

La végétation demeure intéressante. Premières baies de sureau rouge (photo 1). Sur la crête, premières fleurs de digitale jaune (photo 2) et de campanule gantelée.  Et dans une petite clairière, un surprenant parterre d’une multitude de céphalanthères rouges (photo 3), cette orchidée plutôt solitaire (photo 4).

Une forte odeur qui n’a rien de florale, que j’identifie au même endroit depuis l’année passée. Je cherche dans le couvert de hêtres, en compagnie de ma deuxième paire d’yeux, pour finalement trouver quelques pieds du diffuseur grivois, un curieux champignon : le satyre puant. Il porte bien son nom, mais plus explicite en latin pour l’apparence : Phallus impudicus… (photo 5)


10 juin 2026Delémont région

Début de soirée : un arc-en-ciel partiel, mais très intense à la base (photo). Et un chant incroyablement varié, rarement entendu, mais suffisamment caractéristique pour y mettre le nom de l’oiseau : hypolaïs polyglotte. Le bonheur, à peine arrivé, même si je ne verrai pas le chanteur jaune. Il y a longtemps, j’avais observé ici une proche parente : l’hypolaïs ictérine.

Concert de rousserolle effarvatte dans les roseaux et, perchés sur les haies ou grands buissons isolés, des bruants jaunes ; chant distinctif.

La suite de mon périple est assez long. Je m’installe avant la nuit et j’attends, chaudement habillé, adossé à une roche. Patience, en écoutant et en regardant, et je gribouille quelques traits des arbres qui me font face. Enfin quelques chuintements espérés. Après un moment de silence, une grande silhouette se pose maladroitement sur une branche, à quelque distance devant moi. J’y vois juste encore assez pour une esquisse. Un jeune du grand roi de la nuit. C’est la suite des observations de cet hiver-printemps…

J’entame prudemment mon retour ; il fait nuit, le sentier forestier est accidenté. Superbe ciel. Au couchant, Jupiter proche de Vénus.


10 juin 2026Delémont; Grioux - vieille ville

Très tôt ce matin, comme souvent avant les premiers rayons de soleil, des cris de choucas. J’aime les entendre, alors que je somnole encore. Ils sont certainement autour du clocher de l’église. La famille de faucon crécerelle de la corniche se manifeste aussi par là.

Plus tard, à l’heure du premier café, un grosbec perché, sur le bouleau de mon jardin, lance ses notes stridentes. Cette année, un habitué du lieu.

 Le soir, vers 21h, passage désordonné d’ne bande de choucas (photo, de Salvatore S.) avec cris d’accompagnement; ils sont près d'une centaine. Cela me surprend à cette saison, car c’est davantage une scène hivernale. Et ça se répète d’autres soirs, près du Poujet.


8 juin 2026Delémont - Colliard - Roc Courroux - Vadry - Pierreberg

Sur la crête, davantage de chants de pouillot de Bonelli que de pouillot véloce. Pas de pouillot siffleur. Les gobemouches noirs sont bien présents.

Partout beaucoup de piaillements de jeunes : mésanges spp, pinsons, pouillots spp., gobemouches, roitelets spp, etc. Tous crient « famine » ; c’est la période confuse et un peu compliquée de l’ornithologie « juvénile ».

7 juin 2026Delémont - Claude Chappuis -Haute Borne

Trois, quatre pouillots siffleurs chantent sur l’envers de l’une des crêtes. Cette année, ce pouillot est encore plus rare que les dernières années. Il chante dans les feuillages, mais niche au sol ; une situation pleine de risques…

Sur le haut plateau, milans royaux, milans noirs, buses variables et faucons crécerelles survolent les prairies fauchées ou pâturées, à la recherche de victuailles ; tous les jeunes ne sont pas encore autonomes. Et un rapace plus rare : une bondrée apivore. Elle ne cherche pas de micromammifères ; comme son nom l’indique, elle est spécialisée sur certains insectes, notamment guêpes et abeilles sauvages.

Quelques fleurs retiennent mon regard, notamment la grande gentiane jaune (photo 1), qui se raréfie dans nos pâturages, pareil pour l’orchis pyramidal (photo 2). Et cette année, pas de rarissime mutant blanc, observé l'année passée, sur le flanc de "la" butte.


5 juin 2026Delémont - Colliard - Roc Courroux - Vadry - Pierreberg

Quelques hirondelles de rochers volent par va-et-vient au ras de la grande falaise du Roc ; séance de chasse. C’est la première fois que j’aperçois cette hirondelle ici, et pourtant je suis un habitué du lieu. Mais devant cette falaise, je suis généralement attentif à d’autres oiseaux…

En bordure du chemin, entre pâturage et forêt, d’un côté les premières fleurs d’orchis tacheté (photo 1), de l’autre côté, la reine des bois en plein épanouissement (photo 2). Également en plein épanouissement, le sureau noir (photo 3 et l’églantier (photo 4) ; les deux donneront des baies vitaminées à l’automne.

Passage par la roselière : concert de rousserolle effarvatte (photo 5, de Salvatore S.). Elles sont abondantes cette année, présentes partout où il y a quelques tiges de roseau pour entrelacer un nid.


4 juin 2026Delémont-Courtételle-Rossemaison

Depuis quelques années, les alouettes des champs sont de retour dans ce vaste espace agricole. Ce midi, je compte au moins six à huit chanteurs différents. Je suis ravi.

En passant près de modestes parcelles de roseaux, partout le chant saccadé de la rousserolle effarvatte, plutôt abondante cette année.  Sur l'eau, sortie de foulque, une mère avec trois jeunes (photo 1)

Et alors que l’été météorologique vient de commencer, une linéaire vulgaire en fleur (photo 2). Dans mon calendrier mental, elle préfigure l’automne… A proximité, une belle touffe de campanule agglomérée (photo 3); elle, une fleur bien estivale..


3 juin 2026Delémont - Haute Borne

En traversant un petit pâturage en pente, j’observe des platanthères en fleurs ; ce n’était pas encore le cas il y a une semaine. Je repasserai pour déterminer l'espèce de cette élégante orchidée blanche.

Sortie crépusculaire vers le terrain de chasse d’un chat sauvage, mais que je ne verrai pas ce soir. Un territoire que je suis depuis quelques années. J’en apprends nettement plus ici que dans les livres…

Le soleil est couché depuis environ une heure, encore quelques chants de grive musicienne et de rougegorge. Ce sont de bons indicateurs de lumière crépusculaire; lisibilité entre chien et loup…

Des chouettes hulottes entament leurs chants et appels : j’entendrai cinq mâles et une femelle sur une espace assez restreint. Pas courant à cette période, plutôt silencieuse pour ces adultes nocturnes. J’apprécie cette ambiance.

1er juin 2026Delémont - Colliard - Roc Courroux - Vadry - Pierreberg

Lendemain de pluie, sans excès après dix jours de canicule. Le terrain reste asséché. Au bord du sentier de crête, un tronc sec debout, étonnamment ciselé (photos 1 et 2). Il y a des pics à proximité. Ces empreintes me donne une idée de *frottage » pour de futures esquisses…

Sur le versant exposé au soleil, la belladone est en pleine floraison (photo 3) alors que je prends la photo à hauteur des yeux. Sa taille est remarquable. Par contre je me pose à genoux pour admirer la céphalanthère rouge (photo 4), une belle orchidée qui suit ses deux cousines à fleurs blanches. 


31 mai 2026Delémont - Haute Borne

Temps chaud et lourd, d’avant orage. Les oiseaux ne semblent pas très actifs, selon les rares chants, surtout de pouillot véloce, fauvette à tête noire, rougegorge. Deux milans royaux planent au-dessus de l’herbe rase, sans donner un coup d’aile, à la recherche de nourriture. Les jeunes sont encore au nid…

Dans la partie boisée du vallon de Gentilpran, premières inflorescences de la délicate reine des bois (photo 1). L’aconit tue-loup en est également à ses premières fleurs (photos 2 et 3). Son nom évoque d’anciennes pratiques, qui pourraient bien être réactualisées dans certaines régions… La toxicité aigüe de la plante est encore avérée de nos jours.


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